GOUVERNEMENT : L’INCONSÉQUENCE INDÉPENDANTISTE

Mercredi, après trois mois de soi-disant « discussions », les indépendantistes ont, à nouveau, été incapables de se mettre d’accord pour élire un président. Cela arrivera peut être un jour, mais la majorité indépendantiste, pour la première fois au pouvoir Exécutif, commence son mandat par une véritable « mascarade » -le mot est de Yoann Lecourieux-, qui ne fait que confirmer que cette institution doit être réformée au plus vite.

AVOIR LA MAJORITÉ DANS L’INSTITUTION ET … BOYCOTTER SA MISE EN PLACE
Cette fois, on en est même au boycott ! Hier, les élus Uni-Palika n’ont pas daigné répondre à la convocation du Haut Commissaire pour tenter, une fois encore, de mettre en place le gouvernement calédonien. C’est le monde à l’envers.

Cette absence aurait été compréhensible, mais pas excusable, de la part des loyalistes. Ceux-ci estiment en effet que la majorité gouvernementale ne reflète pas le pays démocratique réel, qui est majoritairement loyaliste. Mais pas de la part des indépendantistes pour des raisons évidentes.

QUI PEUT DONNER DES LEÇONS DE COLLÉGIALITÉ ?
Un des motifs de la quasi-censure du gouvernement Santa était, entre autres, une prétendue absence de collégialité. Mais ceux-là même qui étaient les accusateurs sont incapables de se réunir … pour procéder à un vote qui les concerne.

On a peine à imaginer ce à quoi correspond, dans leur esprit, cette fameuse collégialité …

« QU’ILS ARRÊTENT DE MENTIR »
La fracture est désormais publique entre les deux grands partis indépendantistes. Pour l’Union Calédonienne, tout cela n’est pas autrement préoccupant. Il faut donner du temps au temps, pour reprendre la fameuse phrase de François Mitterrand. Et d’indiquer que les discussions se poursuivent et qu’une réunion des instances est à nouveau prévue le 19 mai.

C’est tout le contraire que déclarait Louis Mapou, apparemment excédé, sur les ondes de RRB. « Depuis la convention (du FLNKS -Ndlr) nous attendons l’Union Calédonienne (…) Faut qu’ils arrêtent de mentir, on discute pas ! » Le Palika veut également rappeler que l’UC n’est pas le seul « moteur » de la revendication d’indépendance, soulignant son rôle actif depuis qu’il existe.

RÉUNION À PARIS SANS PRÉSIDENT DU NOUVEAU GOUVERNEMENT
On s’achemine donc vers un schéma assez invraisemblable : examiner, avec le gouvernement de la République, les conséquences du « oui » à une indépendance demandée par des partis qui se déchirent avant même de l’avoir obtenue, et en l’absence, par leur fait, d’une représentation d’un nouveau gouvernement local qu’ils ont eux-mêmes décidé, au sein duquel ils sont majoritaires.

Sauf surprise de dernière minute, et parce qu’une nouvelle réunion pour l’élection du successeur de Thierry Santa n’est pas prévue, c’est ce dernier qui y sera le représentant d’un Exécutif … tombé il y a trois mois.