SOFINOR ET SMSP SOUS LES FEUX DE LA CHAMBRE DES COMPTES

Le rapport d’observations de la Chambre Territoriale les Comptes sur les gestions de la Sofinor et de la SMSP est explosif. Dysfonctionnements, irrégularités, manque de transparence, risques de prises illégales d’intérêt sont pointés du doigt par la juridiction financière.

C’est d’abord la « doctrine nickel » qui en prend un coup. La Cour admet qu’il s’agit d’un « socle stratégique de nature essentiellement politique« , mais souligne qu’il est « non défini dans ses attendus exacts ni dans ses modalités pratiques« .

Les magistrats épinglent ensuite les deux sociétés sur leurs gouvernances, relevant, pour ce qui concerne la Sofinor, « la concentration des pouvoirs du directeur général« , André Dang, et soulignent qu’il « en résulte une absence de protection des élus de la province Nord membres du conseil d’administration de la SMSP. Ils ne bénéficient pas du régime de protection prévu par le code général des collectivités territoriales pour les élus membres du conseil d’administration d’une SEM, s’exposant ainsi à des risques de se trouver en situation potentiellement qualifiables pénalement de prise illégale d’intérêt. »

Sur le plan financier, la Chambre relève que l’endettement généralisé du groupe Sofinor est … « supérieur au PIB de la Nouvelle-Calédonie ». Or, concernant les investissements en Corée du Sud,  » les niveaux de retour exposés par la SOFINOR ne sont pas convaincants« . Quant à l’usine du Nord, le retour financier est prioritairement affecté à l’actionnaire minoritaire Glencore qui a assuré la quasi-totalité du financement de la construction.

Les risques financiers considérables pour la province Nord sont également analysés par les magistrats qui, en conclusion, recommandent la fusion de la SMSP et de la Sofinor.

La SMSP ne partage évidemment pas l’essentiel des analyses de la Chambre Territoriale des Comptes. Ni dans celle de la doctrine, ni dans les observations sur la gestion et les risques de prise illégale d’intérêt des élus, ni dans les perspectives industrielles, ou ni dans les analyses financières.

La question récurrente est toujours de savoir si le rapport de la Cour sera suivi d’effets. Les sociétés et la province Nord peuvent-elles « s’assoir dessus » ? Deux éléments, cependant, demeurent : l’image économique de la collectivité et la pratique de ses « filiales », d’une part, le risque de prise illégale d’intérêt de certains élus, d’autre part.