GOUVERNEMENT : UN PRÉSIDENT AVANT LA MI-MAI ?

La situation ubuesque du nouveau gouvernement devra bien se débloquer un jour. Il en va du reste de crédibilité du mouvement indépendantiste. Au jeu de « je te tiens par la barbichette », c’est probablement Louis Mapou qui tient la corde. Pour l’immédiat. Mais en politique, 1 + 1, cela ne fait pas toujours 2 …

LE DÉPLACEMENT À PARIS ET LES CONSÉQUENCES DU « OUI » ET DU « NON »
Tous les partis politiques concernés ont répondu favorablement à l’invitation des plus hautes autorités de l’Etat à se rendre à Paris pour approfondir les conséquences du troisième référendum. Sébastien Lecornu a promis : le gouvernement français dira tout. Quelle image les indépendantistes donneraient, à la fois à leurs militants et à « la puissance de tutelle », en affichant ce gouvernement local qu’ils ont décidé, et leur incapacité à élire son président ? En tout cas, peu de crédibilité à prétendre gérer un pays souverain …

LE RENOUVELLEMENT DE LA PRÉSIDENCE DU CONGRÈS
Les négociations politiques traduisant toujours un rapport de force, sur quel levier les deux grands groupes séparatistes pourraient-ils appuyer ?

A l’évidence, le renouvellement du Bureau du Congrès est une échéance importante. Le statut du territoire prévoit que ce renouvellement a lieu obligatoirement lors de la première séance de la session ordinaire dite administrative. Or, celle-ci doit s’ouvrir entre le 1er et le 30 juin. On peut imaginer des reports, au delà de cette date, et une absence de réunion en juin. Mais le Congrès étant présidé par un indépendantiste, cela ferait beaucoup en matière de « bugs » institutionnels.

Une chose est certaine, cependant : si l’Union Calédonienne souhaite obtenir les deux présidences, celle du Congrès et celle du gouvernement, l’Uni-Palika ne la suivra pas dans cette voie. Quant aux loyalistes, malheur à celui qui mettra un indépendantiste sur le trône.

L’Union Calédonienne peut-elle accepter le « déboulonnage » de Rock Wamytan ? Les militants du Sud peuvent-ils admettre de perdre leur seul représentant dans les Institutions ? C’est la réponse probable à ces questions qui place Louis Mapou en favori.

LA PRÉSIDENCE DE LA PROVINCE NORD …
Pourtant, en arrière-plan se profile l’enjeu de la province Nord. Il arrivera bien un jour, et en tout cas après le renouvellement des collectivités en cas de victoire du « non », où il faudra élire le président de la province Nord.

Aujourd’hui, l’Uni-Palika y détient 10 sièges, l’Union Calédonienne, 9, et les loyalistes, 3. La dernière élection à la présidence s’était déroulée à l’unanimité. La situation des relations avec les élus loyalistes est différent de celui du Sud, et ces élus n’y font guère d’opposition. Dans ce contexte arithmétique, bien des hypothèses sont imaginables. Et notamment si les indépendantistes augmentent leur contentieux existant. Vous avez dit « enjeu de pouvoir » ?