LES INDÉPENDANTISTES VONT DEMANDER LE RÉFÉRENDUM CETTE SEMAINE ?

Le 8 octobre dernier, le FLNKS, par la voix de Victor Tutugoro, déclarait que le « FLNKS ira au troisième référendum », estimant que le « oui avait le vent en poupe », en dépit de la victoire du « non » constatée à la deuxième consultation d’autodétermination. Depuis le 4 avril, les indépendantistes ont la possibilité de demander à l’Etat l’organisation de ce troisième référendum dans le délai prévu par la loi organique, c’est à dire dans les 18 mois qui suivront la demande. La date du scrutin serait alors fixée par l’Etat.

LES COMPOSANTES DU FLNKS EN ACCORD OU EN DÉSACCORD SUR LA DATE ?
Les deux précédentes demandent formulées auprès de l’Etat l’avaient été par l’ensemble du FLNKS. Mais depuis, le blocage de l’usine du Sud, l’accord conclu sur le repreneur et l’élection ratée du président du premier gouvernement à majorité indépendantistes sont passés par là …

Sur la date du prochain référendum comme sur la suite en cas de victoire du « oui », Uni-Palika et UC ne sont pas sur la même longueur d’onde. En cas de victoire du « oui », Paul Néaoutyne a marqué sa préférence pour une indépendance « en partenariat avec la France ». Le président de l’UC, pour sa part, s’est montré plus radical. Ses critiques envers « l’Etat colonial » et ses représentants en Nouvelle-Calédonie ont toujours été plus violentes. Il a également affirmé sa volonté d’aboutir à une souveraineté totale et entière, sans préalable sur les relations futures éventuelles avec la France.

Mais c’est surtout sur la date du référendum que les analyses diffèrent. En question : les dégâts électoraux dans les rangs des électeurs potentiels du « oui » suite aux derniers événements et péripéties survenus.

LES TROUBLES AUTOUR DE LA REPRISE DE L’USINE DU SUD ONT FAIT RECULER DES PARTISANS DU « OUI »
Incontestablement, le blocage de l’usine du sud, les violences perpétrées, et surtout, les dégâts et les menaces sur l’emploi et les activités économiques ont coûté des voix au FLNKS. Et accessoirement, à l’Eveil Océanien.

Selon certaines analyses, l’impact négatif sur les intentions de vote « oui » au prochain référendum serait de l’ordre de 30%. Il concernerait des électeurs qui changeraient d’avis ou qui déclarent qu’ils pourraient changer d’avis. Ils ne seraient plus que 65% à demeurer fermes dans leur vote pour l’indépendance.

Ces mouvements d’opinion toucheraient l’ensembles des votants potentiels, mais surtout les Calédoniens d’origine wallisienne et futunienne ainsi que les électeurs Kanak.

Au total, ces événements récents pourraient modifier le vote de 3 électeurs sur 10 qui s’étaient déclarés favorables à la souveraineté pleine et entière.

La chute du gouvernement et l’incapacité des indépendantistes désormais majoritaires à désigner un président ne font qu’ajouter à ce trouble électoral. Dans la population de plus de 16 ans, la moitié aurait une opinion négative sur cette chute. Ils ne seraient que 3 sur 10 à estimer que cette « censure »  a été une bonne chose.

REMONTER LA PENTE POUR CERTAINS INDÉPENDANTISTES ?
« A ce rythme là, on fera 40% » s’était exclamé un responsable indépendantiste devant le risque de perte de 3000 emplois provoqué par les blocages de l’usine du Sud. Dans les rangs indépendantistes, nombreux sont ceux qui estiment que pour éviter un cuisant échec au troisième référendum, il « faut donner du temps au temps », et des gages aux électeurs échaudés par les blocages et les atermoiements au gouvernement nouvellement élu.

Pour les autres, il faut que la consultation ait lieu le plus tôt possible car ils estiment crédible une élection de Marine Le Pen à la présidence de la République en mai prochain. Ils défendent donc une date le plus tôt possible, et dès 2021.

EXCLURE LA DATE DANS LA DEMANDE
Pour retrouver une unité, au moins pour la demande de troisième référendum, la solution, pour les composantes du FLNKS, serait de ne mentionner aucune date. La suite serait traitée lors de la consultation du Congrès par l’Etat, et peut être du nouveau gouvernement alors peut être en place.

Dans tous les cas, la décision serait alors entre les mains de l’Etat. C’est lui qui fixe par décret la date et les conditions d’organisation du scrutin. A moins qu’entretemps, un Comité des Signataires soit organisé à Paris et que tous les partis acceptent d’y participer. Car il est vrai qu’il existe encore, ce fameux Comité des Signataires …