LE GOUV SANS PRÉSIDENT, DES PROVINCES QUI FONCTIONNENT

L’actualité institutionnelle calédonienne est frappante. Le même jour, hier, l’information clé est que le gouvernement de Nouvelle-Calédonie n’a toujours pas de président. Et dans le même temps, la province Sud se réunit sereinement et adopte des textes importants, après avoir, au cours d’une séance précédente, voté avec une belle unanimité les dispositions provinciales permettant la reprise de l’usine du Sud.

AIDES AUX SALARIÉS DE L’USINE ET AUX ENTREPRISES VICTIMES DU CONFINEMENT
Ainsi, la province Sud a adopté une série de mesures de solidarité à l’égard des salariés les plus touchés par les quelques mois d’arrêt de l’usine du Sud. Elle a aussi reconduit le dispositif d’aides aux entreprises impactées par l’arrêt ou la baisse d’activité consécutifs au confinement.

Les conseillers ont également décidé une aide aux communes de Nouméa, Dumbéa et Paita lesquelles ont subi des dégâts importants lors du passage de la dépression Lucas.

Enfin, ils ont arrêté la liste des représentants de la province au prochain Cese : Medef, Syndicat des Eleveurs, Syndicat des exportateurs de minerai, U2P NC, Cogetra, Usoenc, UTCFE-CGC, Amicale Antilles-Guyane, Un Coeur Une voix, CTOS, Conseil coutumier wallisien et futunien de Paita, Fédération des Agents Immobiliers, La bande à Nounou, Association de défense et solidarité retraite, Mocamana.

UN GOUVERNEMENT SANS PRÉSIDENT
De l’autre côté de la route des Artifices, le 17e gouvernement échouait dans sa nouvelle tentative de désigner son président.

Fort heureusement, le gouvernement « intérimaire » de Thierry Santa peut gérer la crise sanitaire au titre des affaires urgentes. Fort heureusement, puisque tout le reste est bloqué.

Le Congrès peut cependant adopter les textes nécessaires de sa compétence par des propositions de loi du pays et de délibération. Ce qu’il a fait pour ce qui concerne les indemnisations des personnels touchés par la crise du Covid. Mais tout cela n’est guère rationnel.

LES INSTITUTIONS QUI FONCTIONNENT ?
Il est tout aussi frappant d’observer le fonctionnement institutionnel de la Nouvelle-Calédonie depuis les Accords de Matignon.

Les institutions ont fonctionné sans accroc la première décennie. Les trois provinces ont exercé leurs responsabilités de manière sereine, avec une coordination exécutive assurée par un comité composé des trois présidents de province, du président du Congrès et du Haut-Commissaire.

C’est en 1999 que le « gouvernement collégial » élu à la proportionnelle s’est mis en place, consécutivement aux modifications apportées par la loi organique issue de l’Accord de Nouméa.

Depuis, cette institution nouvelle a connu les aléas que l’on sait dans le fonctionnement institutionnel. Difficultés à nommer un président en 2004 et en 2014, difficultés à rendre cohérentes les actions avec les accusations régulièrement portées sur l’exercice d’une « collégialité » interprétée comme « consensus ». Et finalement, le blocage actuel qui dure depuis 2 mois.

Des provinces qui fonctionnent plutôt sereinement depuis 30 ans, des institutions « territoriales » qui hoquètent ou qui « beuguent » depuis l’Accord de Nouméa, où est l’erreur ?