POUR LE NOUVEAU GOUVERNEMENT PROVISOIREMENT DANS L’IMPASSE, QUELLE FEUILLE DE ROUTE ?

Lors de la première réunion du nouveau gouvernement pour élire son président, aucun des trois candidats -Samuel Hnepeune, Louis Mapou, Thierry Santa- n’a recueilli la majorité des suffrages, soit 6, pour accéder au fauteuil convoité. En conséquence, le Haut-Commissaire reconvoquera les 11 membres concernés, probablement en début de semaine prochaine, et en tout cas, dès qu’il possèdera une indication relative à un accord sur l’élection. Il ne s’agira, probablement, que d’un contretemps, mais l’épisode est révélateur de la probable improvisation qui a conduit à la chute du gouvernement Santa.

Les indépendantistes ont annoncé des contacts ce week end entre le Palika-Uni et l’Union Calédonienne et ses partenaires. Il n’est pas impossible qu’un accord émerge, basé sur des considérations plus larges que celles de la simple présidence du gouvernement.

La vraie question concerne, pour les nouveaux dirigeants de l’Exécutif, la cohérence de l’action gouvernementale. L’Union Calédonienne et le Palika son deux mouvements fondés sur une idéologie différente, même si l’accession à la souveraineté de la Nouvelle-Calédonie demeure ce qui les rassemble.

L’UC est un parti davantage pragmatique, comme le montre son histoire. Et sa devise : « deux couleurs, un seul peuple ». Le choix de Samuel Hnepeune comme tête de liste, un choix qui défrise le fondateur de l’USTKE et le parti Travailliste, illustre bien ce positionnement, en dépit de déclarations parfois extrêmes du leader de l’Union Calédonienne.

Le Palika est un parti créé par de jeunes idéologues -à cette époque-, et l’imprégnation des idées marxisantes y est plus prégnante. L’organisation économique de la province Nord au travers de la Sofinor, ou la « doctrine » nickel relèvent de ces théories.

Qu’en sera-t-il, au gouvernement, une fois l’écueil de la présidence réglée ? Probablement une discussion parfois contradictoire permanente, notamment sur les sujets économiques, fiscaux et sociaux. Avec, le cas échéant, des majorités à trouver au Congrès.

Mais une chose est certaine : au delà de ces spéculations, les deux mouvements indépendantistes sauront certainement s’entendre pour entreprendre tout ce qui sera susceptible de leur faire gagner le troisième référendum.