BOULOUPARIS : DRAME DE L’EXASPÉRATION ?

C’est un drame qui s’est joué à Port Ouenghi (Boulouparis) dans la nuit de mercredi et jeudi. Alors que deux jeunes délinquants tentaient de voler le véhicule d’un couple de retraités, un homme de 57 ans a tiré, blessant mortellement l’un d’entre eux, tandis que son comparse s’enfuyait.

La Justice a ouvert une procédure. Le Procureur de la République a estimé qu’il n’existait pas, a priori, de danger immédiat pour le couple résultant d’une menace grave ou d’une agression sur le couple. Il avait la possibilité d’alerter les gendarmes ou d’alerter le voisinage.

Depuis près de 20 ans, les vols de voitures sont devenus l’un des sports préférés des délinquants, avec une moyenne locale qui « matche » largement la moyenne nationale.

En Nouvelle-Calédonie, la voiture, notamment pour ceux qui habitent en brousse, est quasiment un produit de première nécessité.

Quant aux délinquants, souvent multirécidivistes, ils traînent aussi bien dans les quartiers de Nouméa que dans ceux des villages de l’intérieur. Même durant le passage nocturne de la dépression Lucas, des voitures ont été volées.

Compte tenu des centaines de vols, en général conclus par l’incendie du véhicule, les assurances ont augmenté les tarifs de leurs polices, dans une quasi indifférence des pouvoirs publics.

La montée constante de la délinquance, peu contrecarrée par les opérations « coup de poing » qui se déroulent quelques fois dans l’année, a créé un sentiment d’insécurité augmenté par les incroyables violences reliées au sauvetage de l’usine du Sud.

Il n’est pas certain que pour ce couple, probablement effrayé ou terrorisé par l’incursion chez eux de ces délinquants, appeler les gendarmes de Boulouparis à 3 heures du matin aurait réglé leur problème. D’ailleurs, se manifestant, il n’est pas sûr, non plus, qu’il n’aurait pas été agressé par ces malfrats dont la victime est connue des services spécialisés pour faits de vols et de violences.

Bien entendu, cette situation ne justifie en rien le coup de feu mortel.

Mais si les pouvoirs publics, nationaux et locaux, s’appliquaient à réduire cette gangrène que constitue le vol de voiture, et mettaient les délinquants hors d’état de nuire, les citoyens sans antécédents judiciaires, et donc paisibles, seraient moins sensibles à l’exaspération ou à l’affolement.