Des dégâts inutiles, le ministre prend acte du retrait de Korea Zinc et invite au dialogue, l’USTKE suspend sa grève, les autres problèmes demeurent

Voitures incendiées, équipements publics dégradés, vitrines brisées, personnes insultées, haines allumées, tout cela pour défendre la candidature à la reprise de l’usine du Sud par un industriel … qui s’est retiré hier soir, ainsi que son partenaire. Qui porte la responsabilité de ces violences inutiles, de ces fractures dans la population, de la perte du crédit international de la Calédonie ? En tout cas, il reste aujourd’hui à sauver les 3000 emplois en jeu.

DES CASSEURS POUR UNE CAUSE DÉSORMAIS ABSENTE
A l’issue des violences perpétrées hier, 47 casseurs ont été interpelés. Des agresseurs de gendarmes pourraient l’être dans les jours à venir. Ces personnes devront rendre compte de leurs actes à la justice. Auront-elles la lucidité de se poser la question de qui les a manipulées ?

IL FAUT QUE LA VIE REPRENNE
Qui sait, les contestations pourraient durer, mais devant le retrait, et de Korea Zinc, et de la Sofinor, on peut raisonnablement espérer que la raison va reprendre le dessus.

Après les éruptions de contretemps et de violence, il sera temps de se préoccuper des vrais problèmes de l’heure : les emplois de l’usine du Sud, les quasi-faillites budgétaires des collectivités, la quasi-faillite des régimes sociaux, l’arrivée des vaccins anti-Covid et l’aménagement des mesures sanitaires imposées par la crise, le redémarrage des vols internationaux et celui du tourisme, les mesures de relance de notre économie. Et, en fond de tableau, le référendum …

PANSER LES CLIVAGES ET LES HAINES
L’épisode de la crise de l’usine du Sud a cristallisé des haines et des clivages. On le voit bien : le Destin Commun est une illusion à laquelle plus personne ne croit. Il ne reste que l’obligation de vivre ensemble. Dans quelles conditions ?

Le scrutin d’autodétermination ne va pas arranger les choses. Mais cela, on le savait. Tout laisse à penser que les fractures sociologiques et politiques ne disparaitront pas. Bien au contraire. En attendant, la campagne pour le « oui » et pour le « non » va reprendre de plus belle. Avec cependant, tout ce que la lutte pour le contrôle de l’usine du Sud a révélé, et tous ceux qui ont été floués. De quoi refroidir, peut être, quelques ardeurs séparatistes.

LE MINISTRE, ATTENTIF, PREND ACTE ET POURSUIT LE DIALOGUE
Dans ce dossier sensible, l’Etat a, en permanence, été présent et réactif. Sans prendre parti, il a ouvert le dialogue en organisant la table ronde, et s’est appliqué à mettre à la disposition de tous les éléments d’information. Enfin, quand les troubles et les violences sont survenus, il est intervenu pour préserver la sécurité des Calédoniens, et les libertés fondamentales.

Sébastien Lecornu, au nom du gouvernement, a pris acte de la décision de Korea Zinc de se retirer. Il condamne les actes de violence perpétrés, apporte son soutien aux forces de l’ordre, en particulier aux gendarmes et aux policiers blessés, et indique que la Justice doit à présent faire son travail.

Pour le ministre, il faut à présent assurer le maintien des 3000 emplois de l’usine du Sud. Il confirme son invitation à poursuivre le dialogue, notamment sur le nickel et son avenir en Nouvelle-Calédonie, avec les participants au groupe « Leprédour ».

De son côté, l’USTKE a décidé de suspendre le mouvement de grève annoncé. Quant au collectif de soutien à Sofinor/Korea Zinc, il déclare demeurer déterminé à « ce que notre patrimoine minier ne soit pas bradé« .