Intégration réussie : 2 Allemands d’origine turque ont mis au point le vaccin anti-Covid de BioNtech

Ils font la Une partout dans le monde depuis lundi. Elle, Özlem Türeci et lui, Ugur Sahin, sont les co-fondateurs de la petite entreprise allemande de biotechnologie, BioNTtech à laquelle le géant pharmaceutique américain Pfizer a acheté un brevet de vaccin efficace à 90%.

Ugur Sahin, est né il y a 55 ans en Turquie, près de la frontière syrienne. Lorsqu’il n’est âgé que de 4 ans, son père trouve un travail dans une usine Ford à Cologne et y emmène toute la famille. Özlem Türeci, elle, est née en Allemagne, en Basse-Saxe, il y a 53 ans. Son père, médecin à Istanbul, avait déjà fait le chemin. Tous deux sont des enfants de ce que les Allemands appellent « l’immigration invitée », choisie, celle qui ne jure que par l’excellence.

Chacun de leur côté, ils font médecine, puis se rencontrent à la fin de leurs études, à l’hôpital universitaire. Coup de foudre immédiat : Sahin et Türeci ont la même envie de chercher, de savoir, la même passion pour la biologie et l’oncologie, l’étude des cellules cancéreuses.

En 2001, ils fondent la société Ganymed Pharmaceutical avec l’immunologiste Christophe Huber, s’engagent dans la recherche contre le cancer, puis la revendent en 2016 à une multinationale japonaise. 

Le couple crée en 2008 le laboratoire BioNTech, société d’environ 1500 employés pesant aujourd’hui 2,4 milliards d’euros (et jusqu’à 21 milliards de dollars lundi, après l’annonce de Pfizer !). Ugur Sahin en est le PDG et Özlem Türeci, le médecin en chef. Ils ont mis au point, avec la technologie de l’ARN Messenger, le vaccin anti-Covi. Mais leur objectif demeure le même : révolutionner le traitement du cancer.