ROH : UNE VIOLENCE JAMAIS CONNUE DEPUIS LES ÉVÉNEMENTS DE 84

Il faut remonter jusqu’aux événements de 1984 pour trouver semblable violence physique et coutumière en Nouvelle-Calédonie. Des familles et parfois des clans entiers avaient été chassés de leurs terres, leurs habitations incendiées. Cele s’était produit à Lifou, dans plusieurs districts, ou sur la Grande Terre comme à Canala.

Dans de nombreux cas, les exilés ne sont jamais retournés sur la terre de leur enfance. Et dans de nombreux cas, également, peu de monde s’est soucié de leur sort après le retour à la paix, en 1988.

Les événements de Roh, sur fond d’antagonisme coutumier et religieux, est d’une ampleur probablement jamais atteinte depuis lors. Seuls, les graves incidents connus récemment à Belep sont à relever.

120 personnes, des familles, sans doute des clans entiers, ont du abandonner leur terre. Des maisons ont été détruites, tôle par tôle. Pourront-ils revenir un jour ? À cette question, ce sont d’abord les chemins de la coutume qui répondront.

Ce drame sera traité judiciairement par la Justice, a affirmé le Procureur de la République. Personne ne peut en douter. Mais au delà des peines prononcées à l’égard des coupables d’exactions si on les retrouve, le reste ne relèvera pas de la Justice.

Il est même possible que plus les peines éventuelles seront lourdes, et plus les sanctions extra-judiciaires le seront également.

Accessoirement, si le Sénat coutumier a appelé au calme et à la conciliation, bien que sa légitimité relève davantage de la loi de la République que de la Coutume, il ne semble pas que la province des Iles se soit exprimée rapidement sur ce sujet brûlant.