LES JARDINS SAUVAN VONT DEVENIR LA PLACE DE LA PAIX

Ce fut la dernière partie de l’aménagement de la Place des Cocotiers sur les remblais de la baie qui occupait ce qui est devenu le centre-ville de Nouméa. En 1892, le jardin botanique, planté alors que Pierre Sauvan était maire de la capitale, a d’abord porté le nom de « jardins Sauvan ».

Dès l’année suivante, il est question d’y installer une statue représentant l’Amiral Jean-Baptiste Olry (1832-1890), gouverneur de la Nouvelle-Calédonie de 1878 à 1880.  Olry était surtout connu pour avoir mis fin à la rébellion kanak conduite par le grand chef Ataï. Ces pages sanglantes avaient d’abord été marquées par le massacre de près de 200 membres de familles essentiellement de colons, puis par une répression qui avait fait un millier de morts dans les rangs des insurgés, et la déportation d’un millier d’autres kanak. Ataï sera tué par un auxiliaire kanak, et sa tête, expédiée en métropole.

Un bas relief, enlevé depuis, montrant la soumission kanak devant Olry, avait provoqué des protestations, puis des troubles en fin des années 1960, notamment à l’instigation de Nidoishe Naisseline et des Foulards Rouges. Un jeune Kanak avait été tué par un policier, provoquant ce qui fut, à cette époque, baptisé « l’affaire Kamouda ».

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La maire de Nouméa, appuyée par le Conseil municipal a décidé de tourner une page d’histoire, évoquée par le « square Olry » d’ailleurs jamais officiellement dénommé, sans pour autant renier ce qui fait partie du patrimoine historique de la Nouvelle Calédonie, avec ses ombres et ses lumières.

La statue, conçue par le sculpteur qui réalisa « Celeste », la belle dame de la fontaine de la Place des Cocotiers, sera déplacée dans les jardins du Musée de la Ville.

Les Jardins Sauvant -square Olry- vont devenir « Place de la Paix », et illustrer ainsi une page contemporaine également importante de l’histoire calédonienne : une statue représentant la poignée de main entre Jacques Lafleur et Jean Marie Tjibaou, y sera érigée. Sa fabrication, d’après une sculpture qui sera réalisée par un artiste de Nouméa, sera finalisée par les ateliers du Louvre, et prendra environ deux ans.

Pour la maire de Nouméa, il s’agira ainsi, sans occulter l’histoire des années 1870 de l’ex-colonie, de rendre hommage à deux hommes d’exception grâce à qui la Nouvelle Calédonie avait retrouvé la paix après 4 années de conflits, marquées par des épisodes sanglants.

Isabelle Lafleur, la fille de Jacques Lafleur, s’exprimant devant le Conseil municipal dont elle est membre, a remercié la maire et ses collègues. Elle a exprimé l’espoir que le rappel de cette « poignée de main » puisse inspirer les acteurs actuels du devenir calédonien, dans une période où les tensions de tous ordres sont de retour.