EN CAS DE VICTOIRE DU OUI, L’ACCUEIL DES ÉTUDIANTS DE KANAKY EN FRANCE

La crise du Covid pose actuellement problème aux étudiants étrangers admis dans des établissements d’études supérieures en France. Paris, comme les grands centres universitaires et les Grandes Ecoles sont en effet très prisés. « La France accueillait jusqu’ici près de 358.000 étudiants étrangers (notamment du Maroc, d’Algérie, de Chine, d’Italie ou de Tunisie). Et se classait dans le top 5 des pays les plus demandés » écrit ainsi le JDD.

A cette occasion les conditions d’admission des étrangers ont été passées en revue. Cet exercice intéressant concernerait les futurs étudiants de Kanaky en cas de victoire du « Oui » le 4 octobre prochain, puisque les ressortissants du nouvel Etat dépendraient du régime des étrangers.

Première condition : la pratique du français. Pour pouvoir étudier en France, il est nécessaire d’avoir un bon niveau de français, c’est pourquoi les candidats doivent pouvoir prouver leur maîtrise de cette langue par un diplôme de langue (DALF, DELF) ou en passant avec succès un test de langue (TCF, TEF) pour attester de leur niveau. Mais on peut supposer que quelques facilités seraient accordées aux étudiants de Kanaky dont on voit mal quelle autre langue que le français pourrait être utilisée dans l’enseignement local.

Deuxième condition : obtenir une inscription dans un établissement. En effet, cette inscription peut seule permettre l’accès à un visa étudiant. C’est l’espace internet « campus France » qui aide l’accomplissement des formalités en ligne.

Troisième condition : obtenir un visa. Si vous êtes étranger et voulez étudier en France, vous devez en effet d’abord demander un visa de long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) mention étudiant (valable 4 mois à 1 an). Après 1 an, vous pouvez demander une carte de séjour temporaire étudiant (valable 1 an) ou pluriannuelle étudiant(valable 2 à 4 ans).

Quatrième condition : acquitter les frais d’inscription. Cette question a fait débat et a été soumise au Conseil d’Etat qui a tranché. Le 1er juillet 2020, le Conseil d’Etat a en effet rendu son verdict concernant l’application de frais d’inscription différenciés pour les étudiants internationaux. La juridiction estime que ces frais « modiques » ne viennent pas enfreindre « l’exigence constitutionnelle de gratuité ».

Les établissements supérieurs publics peuvent donc contraindre leurs étudiants étrangers à payer des frais d’inscription atteignant 2.770 euros (environ 350.000 FCFP) en licence et 3.770 euros en master (environ 450.000 FCFP).

Enfin, pour l’accomplissement de ces études, le régime des bourses serait évidemment très différent de celui qui existe actuellement. Kanaky devrait instaurer et financer ce régime, les étudiants pouvant éventuellement prétendre à une bourse offerte par la France, comme à certains étudiants étrangers.