FRANCE Ô DISPARAÎT mais l’Outre Mer restera visible à France Télévisions

France Ô disparaît ce dimanche à minuit des écrans, comme l’avait décidé il y a deux ans le gouvernement. Une décision qui fait suite aux faibles audiences de cette chaîne publique au profil unique, à la fois vitrine télévisuelle de l’Outre-mer et concentré de diversité.

UNE AVENTURE DE 15 ANS
Ce sera donc la fin d’une aventure de 15 ans, voire 22 si l’on inclut sa prédécesseure: France Ô avait été lancée en 2005, en remplacement de RFO Sat, née en 1998. D’abord cantonnée au câble et au satellite, elle doit attendre 2010 pour accéder à la TNT à l’échelle nationale, gage d’une plus grande notoriété. Las, la chaîne a toujours peiné à trouver son public. Son cahier des charges, qui lui donne pour double mission de promouvoir la diversité culturelle et d’être une vitrine télévisuelle des territoires d’Outre-mer en métropole, est souvent jugé confus et la chaîne se retrouve régulièrement sur la sellette en raison de ses faibles audiences: 0,8% en 2016 puis 0,6% en 2017.

UN ANCIEN PATRON : WALLES KOTRA
Walles Kotra après avoir été successivement chef du service politique de RFO à Paris, directeur de l’information, directeur régional en Nouvelle-Calédonie, directeur des relations internationales du réseau Outre Mer à Paris, directeur régional de RFO Polynésie, devient, en 2005, Directeur délégué de France Ô. En 2016, il est nommé au Comité Exécutif de France Télévisions et directeur exécutif en charge de l’Outre Mer et de France Ô jusqu’en 2019.

« PACTE DE VISIBILITÉ » POUR L’OUTRE MER SUR FRANCE TÉLÉVISIONS
«Force est de constater qu’en dehors de France Ô, la visibilité des Outre-mer sur l’ensemble du paysage audiovisuel est au mieux marginale, au pire inexistante», ont plaidé dans un rapport Maurice Antiste, sénateur socialiste de la Martinique, et Jocelyne Guidez, sénatrice centriste de l’Essonne. Le gouvernement a cherché à parer ces critiques en demandant à France Télévisions de muscler les contenus ultramarins sur ses autres chaînes. Une nouvelle plateforme numérique, baptisée «Outremer la 1ère», a également été lancée en juin. Le tout s’inscrit dans un «pacte de visibilité» signé il y a un an par France Télévisions, qui vise à «garantir durablement la présence des outre-mer au centre de l’offre de l’audiovisuel public», avec des objectifs chiffrés et gravés dans le marbre.