KANAKY : LA TENTATION DU TOTALITARISME

En manifestant à un peu plus de 700 pour les services officiels, à plus de 3000 selon les organisateurs, les indépendantistes ont ajouté un éclairage supplémentaire sur ce qui attendrait les Calédoniens en cas d’avènement de Kanaky. Si en effet, les paragraphes économiques et financiers écrits par les défenseurs d’un nouvel Etat sont plutôt vagues, l’esprit qui prévaut se dévoile au gré des différentes agitations liées aux négociations entre Vale NC et New Century Resources. Décryptage.

UNE LIBERTÉ DU COMMERCE ET DE L’INDUSTRIE ENTRE PARENTHÈSES
En exigeant que Vale NC renonce à une discussion libre avec un éventuel repreneur au profit d’une société coréenne dont le faux nez serait la SMSP, les manifestants donnent une idée plus claire sur le concept d’économie et de liberté de Kanaky. Il est vrai que l’hypothétique nouvel Etat se définit d’abord comme socialiste, et l’on sait, à présent, qu’il ne s’agit pas d’une social-démocratie, mais d’un socialisme originel comme il n’en existe pratiquement plus dans le monde.

C’est évidemment l’idéologie qui prime, au détriment des fondements rationnels de l’économie moderne. Plus grave, en méconnaissant certaines règles simples que la Chine a mises en place en Afrique en rendant les Africains otages d’une dette qu’il ne pourront jamais rembourser, cette idéologie met en danger le patrimoine minier de la Nouvelle-Calédonie.

LES ACCORDS SONT BIEN MORTS
Politiquement, cette incursion directe de la province Nord dans des affaires relevant tout de même de la province Sud, n’a plus rien à voir avec ce que les commentateurs ont appelé « l’esprit des Accords ». Il s’agit à présent du retour aux luttes d’influence et aux combats politiques. Certes, c’est bien le lot d’un scrutin d’autodétermination. Mais adieu les grandes incantations sur le « destin commun », les principes d’échanges équilibrés et respectueux entre les provinces, adieu la Calédonie d’un « avenir partagé ».

A l’évidence, Kanaky ne serait pas faite de ce bois. En matière économique, en tout cas, l’idée serait bien de mettre le pays en coupe réglée façon République Socialiste. Certes, on est loin, dans les urnes, de la souveraineté pleine et entière. Mais l’idée fait froid dans le dos lorsqu’on imagine, de surcroît, tout le reste.