EPKNC, UNE ÉGLISE PROTESTANTE QUI DIVISE UN PEU PLUS

Ce n’est peut être pas nouveau, mais l’Eglise Protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie, et prenant partie pour l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, confirme son activisme politique et par ce fait, contribue à la division des Calédoniens. Contradictions.

Les déclarations emberlificotées du président de cette église ne rendent d’ailleurs pas les choses plus claires. Modeste, il évoque « l’accord de Gouaro » et imagine même qu’il est la source d’inspiration de l’Accord de Nouméa. Oubliant au passage que l’acte fondateur en ont été les Accords de Matignon …

A télé NC, au micro de Dave Waheo qui n’a pas hésité à poser la question du mélange des genres pour une religion, l’invité, baissant plusieurs fois la tête pour lire un papier déjà rédigé, a expliqué que dans le Pacifique, tout était différent. Peut être à l’envers du monde rationnel … « Tout le monde pense qu’on n’a pas assez créé de liens. Depuis le dernier vote jusqu’à maintenant, chacun est resté dans son bloc, mais il n’y a pas vraiment de liens qui ont été établis et mis en place, aussi bien par les politiques, mais par nous aussi les religieux« . Conséquence logique, pour renforcer les liens, l’Eglise protestante prend parti pour un camp contre l’autre … Comprenne qui pourra. D’autant que la personnalité affirme, sans rire, « J’ai toujours rejeté la question du oui et du non ». Le reste, d’ailleurs, probablement écrit sur cette satanée feuille de papier posée devant lui, a été relativement incompréhensible pour le téléspectateur moyen.

La fin de l’interview a été dantesque. « Notre vie appartient à Dieu, et quand on dit « oui » ou « non », on risque de jurer sur notre tête des choses qu’on ne d… » le reste était inaudible.

En tout cas, cette église manque de respect à ses membres qui ne partagent pas l’avis de ses dirigeants. En appelant à voter « oui », elle désigne ses ouailles qui ne partagent pas cet appel. En clair, elle jette sur elles l’ombre du déviationnisme.

Cet engagement politique doit être, de surcroît, compris au sens large d’un prosélytisme qui percole dans les établissements d’enseignement sous la coupe de l’EPKNC. Des jeunes à qui on propose comme horizon l’abolition de fait du baccalauréat national, et par voie de conséquence, l’accès libre aux enseignements supérieurs en métropole, au même titre que les étudiants africains et comoriens. EPKNC, clin d’oeil aux EPK, les Ecoles Populaires Kanak dont le succès a été aussi durable que leur existence ?

Mais il est vrai que comme pour toutes les églises, ce n’est pas la matérialité qui compte, mais la spiritualité. C’est tout a fait respectable, d’ailleurs, à condition de ne pas solliciter les cochons de contribuables de la province Sud qui votent majoritairement « Non » à Kanaky.