ÉCONOMIE EN CONCERTATION : CHRISTOPHER GYGES RENCONTRE LES CHEFS D’ENTREPRISE À NOUMÉA

C’est une méthode décidément innovante, poursuivie par Christopher Gyges, « ministre » en charge de l’économie et de la fiscalité, mais pas que, au gouvernement : rencontrer en direct et en public, les acteurs de l’économie calédonienne. Hier soir, dans la salle d’Honneur de l’Hôtel de Ville, la maire de Nouméa qui accueillait l’événement, la présidente de la province Sud, mais également le membre du gouvernement en charge du budget, les président des Chambres Consulaires étaient également au premier rang. « Vous pouvez vous exprimer librement, a indiqué le membre du gouvernement en introduction. Je m’apprête à entendre des choses plus ou moins agréables, mais c’est le but de l’exercice : échanger sur ce qui va, mais surtout sur ce qui ne va pas ». Le public a répondu à ses attentes.

Parmi les plus, le quitus favorable aux mesures prises par le gouvernement, et d’une manière générale, par la province Sud et les autres collectivités ainsi que par l’Etat. Il est vrai qu’un dispositif de soutien, lourd et inédit, a été mis en place pour surmonter la crise. Mais cette dernière n’est pas terminée.

Parmi les moins, les responsables économiques présents n’ont donc pas manqué de pointer du doigt les grains de sable dans les rouages, et les interrogations sur l’avenir.

Plusieurs intervenants, ayant affronté des redites de procédure, de lenteur de réponse, ont appelé à davantage de simplifications administratives. Parmi les réponses apportées : la dématérialisation des démarches dont le développement, en cours, sera poursuivi. Des cas particuliers ont été évoqués : rien de tel que le direct avec un responsable pour faire avancer un dossier délicat ou « en rade ». Traitement immédiat par une prise de contact avec les collaborateurs de Christopher Gyges.

La confirmation que le secteur du tourisme est, dans certains cas, en situation de détresse, est apparue clairement au cours des échanges. Fin de non recevoir de banques, épuisement de trésorerie, absence de visibilité et donc d’espoir, ont été exprimés par plusieurs intervenants.

De son côté, Christopher Gyges a abordé quelques dossiers brûlants, comme l’annulation de certaines charges, ou la simplification de la TGC. Ce dernier item est toujours en discussion avec les organisations intermédiaires et les employeurs. « C’est un engagement de campagne. Il y a un an, tous mes interlocuteurs voulaient une simplification des taux de la TGC. Mais à présent qu’il faut en réduire le nombre, l’accord est moins unanime …« . C’est donc vers une rationalisation progressive que le dossier pourrait évoluer, avec des compensations pour les activités dont le taux serait majoré.

Ainsi, dans le secteur des travaux de rénovation, si le taux pourrait augmenter, cette majoration serait compensée par une incitation fiscale : le plafond des dépenses déductibles passerait de 2 millions à 10 millions, avec un étalement sur 4 ans de la déduction. De quoi, en effet, booster la demande, et diluer l’augmentation du taux de TGC dans ce cas précis.

Les participants à cette séance d’échange en direct et sans langue de bois ont visiblement apprécié l’exercice. Parmi les interrogations, bien sûr, celle relative à la durée de la crise. Le gouvernement local est, comme tous les gouvernements du monde, soumis au calendrier de sortie du médicament pour soigner le Covid, et celui plus aléatoire, de la production de vaccin. Et là, personne ne possède la fameuse boule de cristal …