RÉFÉRENDUM : LES VERTUS SUPPOSÉES DE KANAKY v/s L’AMOUR AFFICHÉ DE LA FRANCE

A l’évidence, la campagne pour le référendum est lancée entre les deux camps qui s’affrontent. Ceux qui veulent l’instauration de l’Etat indépendant Kanaky et qui en chantent les vertus, et ceux qui veulent que la Calédonie ultra-autonome demeure au sein de la fondatrice des Droits de l’Homme et affiche son amour de la France.

LES DEUX CAMPS QUI S’AFFRONTENT AVEC DES NUANCES EN LEUR SEIN
Certes dans les camps existent des nuances. Chez les indépendantistes, le Palika prône une indépendance avec partenariat avec la France. L’UC, de son côté, veut l’indépendance tout court. Pour les liens avec la France, on verra après. La nouvelle entité MNSK n’a pas une position encore très claire. On connaît les thèmes radicaux de LKU, et le leader du MNIS quant à lui parle de « souveraineté partagée ».

Le FLNKS a livré une version « bonifiée » de ce qu’il propose pour Kanaky. Assez élaboré pour ce qui concerne les institutions, le document est plutôt fruste pour ce qui relève des ressources du nouveau pays, et ses capacité à financer les politiques publiques. Ce point est pourtant essentiel pour que les éventuels futurs citoyens de Kanaky envisagent leur vie au quotidien.

Côté loyaliste, 6 partis se sont regroupés au sein d’un formation baptisée Les Loyalistes : les Républicains Calédoniens, le Rassemblement, le MPC, le Rassemblement National, Tous Calédoniens et Générations NC. Calédonie Ensemble a décidé de faire bande à part. Motif, le « non » des Loyalistes n’est pas le même que le sien. Mais au total, tous prônent le non à Kanaky.

Le « non » des partis hostiles à l’indépendance a tout de même une signification commune : plutôt que de faire le saut dans Kanaky, conserver des institutions, une économie, un système de santé et de protection sociale, un système éducatif que les Calédoniens connaissent bien puisqu’ils vivent aujourd’hui dans cette société. L’avantage évidemment mis en avant : être dans la cinquième puissance mondiale, dans l’Europe, et bénéficier des garanties et des progrès liés à cette situation et la faire évoluer dans ce cadre stable et rassurant.

LE CAS DE L’ÉVEIL OCÉANIEN
Un parti est en marge : l’Eveil Océanien dont le leader, au titre de ce qu’il appelle l’équidistance, laisse le choix à ses électeurs, essentiellement Wallisiens et Futuniens.

LA CAMPAGNE EST EN MARCHE
Côté indépendantiste, quelques drapeaux ont été agités dans l’agglomération, et la communication s’est intensifiée avec des réunions, une publication, des déclarations. Côté Les Loyalistes, un rassemblement festif est organisé samedi à Gatope, dans la commune de Voh, pour les électeurs de la province Nord qui préfèrent que le territoire demeure au sein de la République.

LA POSITION DE L’ETAT
Reste l’Etat. Sébastien Lecornu est le nouveau ministre de l’Outre-mer, et il est visiblement  en charge du dossier référendum. Evidemment, le Président de la République et le Premier ministre en suivent l’évolution. Evidemment, les ministères de l’Intérieur et de la Justice sont concernés. L’Etat fera tout pour que le second scrutin se déroule dans la sérénité et la régularité, en dépit de la crise du Covid.

Les indépendantistes attendent, disent-ils, des réponses à leurs questions pour ce qui relèverait de l’accompagnement de la France en cas d’indépendance. Réponse précise impossible en l’absence d’un Etat souverain. Quelques banalités pourraient être servies. On connaît, en revanche, l’accompagnement de la France aux indépendances africaines ou au Vanuatu.

POUR RÉSOUDRE LES CRISES ACTUELLES : KANAKY OU BIEN LA FRANCE ?
Ainsi, la campagne référendaire est bel et bien lancée avec sur le bureau des Institutions, des sujets brûlants comme la survie de la SLN et de Vale, le devenir de KNS avec ses 1000 milliards de dettes, la crise sanitaire et ses effets désastreux sur l’économie.

Une façon de démontrer comment les solutions de ces affaires sérieuses, qui échappent aux incantations du moment, pourront se trouver plus facilement : dans la France ou dans Kanaky ?