SLN : LES SOUS NE POUSSENT PAS SUR LES ARBRES

La SLN a « brûlé » 8 milliards de trésorerie depuis le début de l’année, en dépit des efforts de productivité réalisés par les personnels. Les incidents des mines, la « guérilla » de Kouaoua, ont évidemment affecté la production et les perspectives. Aujourd’hui, et alors que la maison mère, Eramet, enregistre des pertes, on arrive « au bout du bout », c’est  dire à l’épuisement de l’avance de trésorerie qui résultait d’un prêt de 65 milliards FCFP consenti par Eramet et l’Etat. Deadline.

OÙ SONT LES ACTIONNAIRES LOCAUX ?
Voilà une question intéressante : la capacité des pouvoirs publics (34% pour la SLN, 51% à KNS) à suivre les turbulences financières à ce niveau d’engagement. Cette capacité est nulle. Ce n’est pas la vocation des pouvoirs publics à gérer des entreprises commerciales à risque. Même l’URSS l’avait compris.

On va peut être ressortir l’histoire de la distribution de 100 milliards de dividendes. Non seulement elle date, mais elle occulte une réalité que se gardent bien de rappeler les collectivités calédoniennes : en qualité d’actionnaires, elles ont bien reçu plus de 30 milliards. Qu’est devenu ce pactole ?

Aujourd’hui comme il y a 4 ans, il faudrait « remettre au pot ». Que va faire l’actionnariat dit « pays » ?

LA THÉORIE DE LA TERRE BRÛLÉE OU DU CHAOS
Face à la situation financière de la SLN, deux solutions existent pour payer les salaires et les sous-traitants et les fournisseurs en octobre prochain : soit les actionnaires injectent quelques milliards dans l’entreprise, soit cette dernière est autorisée à exporter du minerai inutile à l’industrie locale. Soit les sous poussent sur les arbres …

A l’évidence, les actionnaires locaux sont dans l’incapacité de la faire. Eramet a annoncé, depuis longtemps, qu’elle ne le ferait plus. Reste la France, « l’Etat » comme on dit ; mais l’Etat devrait, cette fois, s’occuper de la situation hexagonale devant le constat que les Calédoniens possèdent la richesse et la solution au travers des milliards de tonnes de minerai pauvre dormants.

S’y opposer, dans les circonstances actuelles, relève de la politique de la terre brûlée ou de la théorie du chaos, une théorie qui aboutit, il faut le rappeler, à un objectif caché par le désordre qui semble précéder son accomplissement. Elle est tout de même risquée …