LA VRAIE QUESTION DU RÉFÉRENDUM

Le véritable objet du référendum, pour la vie quotidienne des gens, est trop souvent dissimulé derrière des mots peu compréhensibles pour le commun des mortels. Des emprunts au juridisme constitutionnel et au droit international, comme « souveraineté pleine et entière », « indépendance avec partenariat » ou encore « association à l’exercice de compétences régaliennes ». Blablabla.

TOUTES LES OPINIONS SONT RESPECTABLES SI …
A côté de ces termes savants, des incantations promettent, à travers une indépendance de plus en plus kanak et socialiste, une société plus libre, plus digne, plus attentive à ses concitoyens. Ce que démentent d’ailleurs des déclarations intolérantes, teintées d’exclusions, de tel ou tel leader. Mais après tout, ou malgré tout, pourquoi pas ?

Toutes les opinions sont respectables, à condition, bien sûr, qu’elles soient elles-mêmes respectueuses d’autrui.

Cela ne va pas tout de même, pour les séparatistes, jusqu’à promettre une société plus prospère tant il est évident que la France, renvoyée à l’hexagone, retirerait alors la quasi-totalité de ses financements : Justice, forces de police et de gendarmerie, forces armées, monnaie, Trésor, enseignement secondaire, Université, contributions aux communes, au sport, aux services mixtes comme les douanes, ou encore aux collectivités au travers des contrats bien connus.

Il paraît qu’il n’est pas bienvenu d’évoquer les « sous » de la France. Se passer de 170 milliards FCFP, en effet, c’est presqu’indécent !

UN ENJEU DE SOCIÉTÉ
C’est ainsi qu’au total, ce référendum n’est pas « éclairé » sur les options proposées aux électeurs. Il s’agit, en effet, de choisir de vivre dans une société, ou dans l’autre. Ni plus, et ni moins.

La première de ces sociétés est celle que les Calédoniens connaissent tous les jours : la société de la République, avec ses imperfections, mais ses garanties de liberté, de justice, de progrès, auxquelles s’ajoutent la solidarité nationale, si présente pendant la crise du Covid. Cette option a l’avantage de la clarté.

La seconde est celle évoquée par les tenants de l’indépendance. L’ennui, c’est que justement, elle n’est pas présentée. Certes, il est facile de bâtir des schémas institutionnels, comme il est facile d’imaginer une Constitution. Mais pour l’heure, rien n’est dit sur les conditions sociales, économiques, éthiques de cette société, ni quel sera son niveau de vie escompté, son système d’enseignement, ses perspectives d’emplois pour les jeunes, ou encore son niveau de santé et de prestations sociales.

Or, il n’est pas besoin d’une aide de la France pour décrire cette société aux « populations intéressées ». Ce serait le comble de vouloir se débarrasser d’un « Etat colonial », et de compter sur lui pour dire ce que serait Kanaky.

Car au fonds, au delà de l’emberlificotage rhétorique des interrogations référendaires et des campagnes associées, la question posée le 4 octobre est simple : Voulez-vous désormais vivre en Kanaky ou non ?