WALLIS : RISQUE DE REVENDICATION D’INDÉPENDANCE À PARTIR DE LA CALÉDONIE ?

Parmi les partis politiques wallisiens et futuniens baptisés « océaniens », la plupart revendiquent l’indépendance de leur pays d’accueil, la Nouvelle-Calédonie. Il en va ainsi notamment du RDO et du MOI. L’Eveil Océanien, pour l’instant, a rejoint le groupe indépendantiste du Front de Libération Kanak et Socialiste du Congrès, mais son président jure qu’il ne s’agit que d’un exercice « d’équidistance », affirmant qu’au sein de son parti, des militants sont indépendantistes, d’autres sont loyalistes.

On constate cependant qu’en partie, l’expression des partis wallisiens et futuniens de Nouvelle-Calédonie est indépendantiste.

L’indépendance prônée par les partis auxquels ils sont rattachés est une décolonisation en rupture avec ce qu’il est convenu d’appeler la « puissance administrante », par opposition à une autre forme de décolonisation admise par l’ONU, et qui est interne à la dite « puissance administrante » par la voie d’un statut accepté majoritairement par les populations intéressées.

Or Wallis et Futuna est un territoire qui est loin d’avoir atteint le degré d’autonomie extrême qui est celui de la Nouvelle-Calédonie. Du point de vue des adeptes de la « décolonisation », les trois monarchies et donc la population sont soumis, là-bas, à ce que les indépendantistes sont censés qualifier de véritable régime colonial.

Il est donc naturel, pour un certain nombre d’intellectuels wallisiens et futuniens et pour leurs partis indépendantistes, que la question de la décolonisation de leur terre d’origine devienne encore plus prégnante que celle de leur terre d’adoption.

Voila pourquoi, dans le sillage du second référendum, les originaires du territoire voisin dont le « oui » à l’indépendance est considéré comme un acte de libération, devraient être confrontés au sujet de la « libération » de Wallis et Futuna de la tutelle coloniale de la France

Il en va ainsi d’une logique politique aussi rigoureuse que les théorèmes et aussi implacable que les postulats en mathématiques.