MUNICIPALES : POUSSÉE DE L’AVENIR EN CONFIANCE

Dimanche soir, le verdict est tombé pour le second tour des élections municipales qui comportaient plusieurs enjeux politiques. Ces derniers étaient à « multiples détentes » : quel équilibre entre indépendantistes et loyalistes ? Quel score pour l’Avenir en Confiance, un regroupement né il y a tout juste un an ? La commune de La Foa, citadelle de Calédonie Ensemble tomberait-elle ? Quelle issue à Paita où se jouait une compétition particulière avec une alliance Eveil Océanien-Rassemblement-Calédonie Ensemble contre le maire sortant, des Républicains Calédoniens allié au Mouvement Populaire Calédonien ? Résultats.

MAINTIEN DES ÉQUILIBRES ENTRE INDÉPENDANTISTES ET LOYALISTES
Au total, les équilibres globaux entre les deux camps, indépendantistes et loyalistes, n’ont pas varié, alors que l’union du FLNKS s’était faite pour quelques scrutins délicats, dont celui de Kouaoua.

Les loyalistes ont résisté partout. Certes, à Kouaoua, Alcide Ponga présentait une liste d’ouverture. Mais contrairement à la précédente élection, le FLNKS a présenté contre lui une liste unitaire. Le maire sortant a brillamment remporté le duel.

A l’île des Pins, la personnalité exceptionnelle d’Hilarion Vendegou avait pesé dans la conquête de la mairie par les loyalistes. La question était donc de savoir si sa disparition allait être politiquement compensée. Sa fille, Laura, a repris le flambeau, et siège depuis un an à l’assemblée de la province Sud. A l’île des Pins, face à des indépendantistes désunis, la liste conduite par Christophe Vakié a réalisé un petit exploit en maintenant la commune dans la famille loyaliste.

Ouvéa doit être citée, bien sûr. Même s’il ne s’agit que d’un siège loyaliste au Conseil Municipal, il mérite d’être relevé, au même titre que l’entrée de conseillers indépendantistes dans plusieurs communes comme Nouméa ou Païta.

A noter tout de même, le basculement de la commune de Poya dans le camp FLNKS. Une division a été fatale aux adversaires de la liste unitaire.

Pour le reste, c’est à l’intérieur des deux grandes mouvances que des confrontations avaient lieu. L’Avenir en Confiance enregistre une poussée, l’Union Calédonienne progresse.

POUSSÉE DE L’AVENIR EN CONFIANCE
Né il y a tout juste un an, le regroupement Républicains Calédoniens-Rassemblement-MPC participait, soit sous sa bannière, soit au sein de listes communales, au scrutin de dimanche.

Incontestablement, il marque des points, et partout où des rapprochements naturels se sont effectués, la dynamique d’union a marché. Bien entendu, certains maires conservent leur étiquette, mais la « nouvelle marque de fabrique » prend racine et, à l’image du RPCR après 1977, date à laquelle plusieurs partis non-indépendantistes s’étaient regroupés, prend corps dans le paysage politique.

LA FOA EST « TOMBÉE »
La commune, modelée dans sa forme moderne actuelle par Philippe Gomes, était évidemment emblématique pour Calédonie Ensemble. Pire, elle était assaillie par une personnalité dissidente du parti, alliée au second tour à l’Avenir en Confiance.

Nicolas Metzdorf, aidé par Lionnel Brinon, a réussi son challenge. Il fait tomber la mairie dans le giron de Générations NC, et Lionnel Brinon, de l’Avenir en Confiance, y occupera une place essentielle.

PAITA : LE TRIOMPHE DE WILLY GATUHAU
Paita, c’était la confrontation un peu contre nature associée à des rivalités personnelles. La querelle a animé aussi bien le corps électoral que les réseaux sociaux. Largement étalée, chacun en connaît les tenants et les aboutissants.

Le nouveau parti communautaire, l’Eveil Océanien essentiellement composé de Wallisiens et de Futuniens, n’a pas réussi à déboulonner … le maire calédonien d’origine wallisienne et futunienne. Il avait pourtant reçu le renfort surprenant du Rassemblement et de Calédonie Ensemble. Rien n’y a fait. Pire, arithmétiquement, le regroupement autour de Milakulo Tukumuli perd une bonne partie de ses électeurs.

Sur la ligne d’arrivée, Willy Gatuhau améliore, lui, son score et les électeurs de Paita lui font un véritable triomphe.

ILE DES PINS : ÉCHEC AU FLNKS
L’union, en politique, est une des meilleures options. C’est ce que doivent se dire la liste de Christophe Vakié et ses supporters au lendemain d’une victoire somme toute mémorable. En s’imposant devant des indépendantiste divisés, la liste maintient cette commune emblématique de la province Sud dans le giron loyaliste.

Hilarion Vendegou, feu ancien maire, ancien Grand Chef et ancien Sénateur de la République, peu reposer satisfait.

KOUAOUA : ALCIDE PONGA S’AFFIRME
Dans cette commune déchirée par la guerilla menée contre les installations et les personnels de la SLN, la reconduction ou la défaite du maire loyaliste, issu d’une grande famille du Rassemblement pour la Calédonie dans la République, était emblématique.

Les électeurs ont tranché, malgré une fusion des listes FLNKS au second tour. Pour Alcide Ponga, c’est un très beau succès dans la province Nord.

DUMBÉA ET MONT DORE SANS PROBLÈME
Deux maires estimables reconduits sans grand problème : Eddie Lecourieux et Georges Naturel conservent leur siège. Avec le succès de Willy Gatuhau à Paita, on peut dire que l’agglomération est globalement dans la dynamique de l’Avenir en Confiance.

A HIENGHÈNE ET À KONE, L’UC SUPPLANTE LE PALIKA
Le parti de Paul Néaoutyne enregistre quelques revers municipaux d’importance. A Koné, capitale du Nord, Thierry Gowecee s’impose sur le maire sortant. Il en est de même à Hienghène avec la victoire de Bernard Ouillatte.

Pour le reste des communes, il faut noter l’avénement d’une femme à la tête de la mairie de Maré, Marilyne Sinewami, le retour de Maurice Tillawa à Ouvéa, ou encore le maintien de Gilbert Tuiyénon à Canala et de Patrick Toura à Thio. A Poya, la mairie bascule dans le camp FLNKS, tandis que Patrick Robelin sort largement vainqueur à Bourail. À koumac, enfin, Wilfried Weiss conserve son siège de justesse.