UC : DÉMISSION DU GOUVERNEMENT OU PAS ?

C’est aujourd’hui que l’Union Calédonienne réunit son Comité Directeur à Koné. Au menu, le second tour des municipales, la gestion de la crise du Covid, et bien entendu, le deuxième référendum. Mais l’attention des observateurs et du monde politique sera centrée sur la menace de démission des membres du gouvernement, plusieurs fois évoquée par les dirigeants du parti.

PRÉTEXTE
A l’évidence, cette hypothèse, disproportionnée par rapport au motif, relève d’une opération plus globale. L’opinion qui prévaut en Calédonie est que la crise du Covid  été particulièrement bien gérée, ce que témoigne la situation sanitaire du territoire. Prétendre que la collégialité « a volé en éclat » quand les réunions de collégialité étaient quotidiennes, et qu’un élu indépendantiste gérait le secteur stratégique de l’aérien, n’est en effet pas crédible. L’hypothèse de la démission repose donc sur un prétexte.

UNE CRISE DANS LA CRISE ?
La chute du gouvernement conduirait évidemment à une nouvelle crise dans la crise. Et compte tenu des règles adoptées à l’issue des démissions à répétition de Calédonie Ensemble en fin 2014, un second gouvernement serait assuré d’une stabilité pendant 18 mois. Dans des conditions qui ne pourraient être que celles d’un Exécutif présidé par un membre indépendantiste ou un élu de Calédonie Ensemble. Explosif.

Autre hypothèse : le retrait des réunions de collégialité. Ce cas de figure serait de nature à générer des tensions dans l’institution, chaque décision étant prise strictement pas une majorité de votants qui ne se seraient pas concertés. Ce sont les relations personnelles entre les membres du gouvernement qui permettraient de mettre un peu d’huile dans les rouages de l’Exécutif.

Troisième hypothèse, une menace qui planerait de manière permanente pour peser sur les décisions du gouvernement et tenter de les orienter davantage vers les thèses économiques et sociales défendues par l’UC.

UN CHAPELET DE DIFFICULTÉS ANNONCÉES À SURMONTER
Si l’on revient au contexte, en tout cas, la Calédonie est pratiquement sortie de la crise sanitaire, et doit gérer son retour à l’économie en fonction de l’ouverture des liaisons aériennes et du redémarrage de l’économie mondiale. Sur le feu : la reprise éventuelle de Vale NC par un groupe australien, la sauvegarde de la SLN menacée à nouveau de cessation de paiement, la situation des compagnies aériennes et du secteur touristique, celle de Nord Avenir dont les difficultés impactent fortement l’économie de la province Nord. Et le reste.

En clair, la Nouvelle-Calédonie a plus que jamais besoin de retrouver l’esprit qui prévalait au lendemain des Accords de Matignon : construire et progresser. Mais les leaders d’alors ne sont plus, le temps a passé, les clivages se sont accentués, et la fin des Accords est annoncée par les référendums.

UNE VISION DE L’INDÉPENDANCE
La question de demain est donc : Nouvelle-Calédonie ou Kanaky ? L’Union Calédonienne, par ses positions, affiche sa vision de la gestion de l’indépendance à laquelle elle aspire. En cas de démission entraînant la chute du gouvernement, elle pourrait mobiliser ses électeurs les plus radicaux, les partisans de la stratégie du chaos pour aboutir à un avenir radieux.

Reste à savoir si ceux qui sont impliqués dans l’économie ou dont la situation personnelle en relève, si ceux qui réalisent que la France a apporté, dans la crise du Covid, un soutien qui a empêché la Calédonie de sombrer, si tous ceux-là adhèreraient à cette stratégie.