KOUAOUA, SLN : « L’INSOLIDARITÉ » DES PROVINCES

Le nickel de Kouaoua est nécessaire à Doniambo, et Doniambo est un outil économique moteur de la province Sud – Pour des raisons d’ajustements chimiques dans le traitement des minerais dans les fours de Doniambo, le minerai de Kouaoua est essentiel à la SLN. Les multiples opérations de « guérilla » menées contre la Serpentine -en son temps, seul tapis roulant au monde à comporter des courbes- ont affecté la production de l’usine. Cette situation contribue à affaiblir le plan de survie de l’entreprise dont le rôle est majeur en province Sud.

Les exportations de minerai pauvre, non traitable en Nouvelle-Calédonie, sont vitales pour restaurer de la trésorerie à la SLN – De surcroît, des stocks existent, qui pourraient rapidement, et sans extraction supplémentaire, être vendus à des clients extérieurs. En s’y opposant au nom de sa propre « doctrine nickel », la province Nord gêne le plan de sauvegarde de l’installation métallurgique de Nouméa. Le solde l’emprunt de trésorerie accordé à la société arrivera à épuisement dans les mois qui viennent.

La solidarité inter-provinciale des années 90 n’existe plus – A cette époque, celle marquée par Jacques Lafleur et la majorité RPCR au Congrès, un fonds territorial d’aide au développement touristique avait contribué au financement d’hôtels dans les trois provinces : Koulnoué et Malabou dans le nord, Drehu Village aux Iles, et Méridien dans le sud. A cette époque, encore, lorsque la province Nord s’était trouvée en difficulté budgétaire, et alors que statutairement, seule la route reliant les chefs lieux Nouméa et Koné était à la charge du territoire, la majorité avait intégré le tronçon Bourail-Poindimié dans la voirie territoriale. Le budget de la province Nord avait été ainsi allégé de cette charge d’entretien. Aujourd’hui, ce n’est que guéguerre entre provinces, sur la clé de répartition, ou sur les exportations de nickel.

Le territoire fédéral de la Nouvelle-Calédonie est désormais scindé en deux grandes entités : le Nord et les Iles d’une part, le Sud d’autre part – « Territoire fédéral », c’est le préambule des Accords de Matignon qui l’affirme, dans le « Texte n°2 ». L’instauration de provinces, dotées de pouvoirs autonomes considérables, avait déterminé une séparation franche entre les trois entités, en matière économique, culturelle et sociale. Ainsi, les autorisations minières de la SLN à Kouaoua relèvent de l’autorité de la province Nord. Le clivage profond mis en relief par les résultats du premier référendum a accentué cette donne. Le « chacun pour soi » constaté sur les enjeux SLN, et au delà sur la gestion de la crise sanitaire, est révélateur d’un échec : celui de l’unité du territoire qui n’est plus que géographique.