LA PROVINCE NORD CONTRE LES EXPORTATIONS DE MINERAI DEMANDÉES PAR LA SLN ET VALE NC

La « doctrine nickel » de la province Nord va-t-elle s’imposer à la Nouvelle-Calédonie ? Réponse à cette question dans quelques jours à propos des autorisations d’exportation de minerai pauvre demandé à la fois par la SLN et par Vale NC. En jeu, la survie des entreprises.

Résumé. Deux usines de traitement de minerai de nickel sont implantées en province Sud. La province Sud accueille 76% de la population calédonienne, contribue à la ressource fiscale totale pour 92%, et redistribue ce produit à 50% au bénéfice de des provinces Nord et Iles.

Ces deux usines, représentant 2500 emplois directs, et 4 fois plus en emplois indirects et induits, sont en danger de mort. La SLN va épuiser avant la fin de cette année sa trésorerie elle même issue d’un emprunt de 63 milliards -deux fois et demie l’emprunt Covid de la Calédonie-, et sa pérennité est en jeu. Quant à Vale NC, après avoir perdu des dizaines de milliards FCFP dans un climat général difficile, la maison mère, Vale, a décidé de jeter l’éponge. Pour l’instant, elle essaye de rendre les comptes de la société ainsi que la qualité écologique de sa production, plus « sexy ». Pour s’en sortir, et trouver éventuellement repreneur, elle a besoin, financièrement, d’exporter du minerai qu’elle ne peut traiter dans ses installations.

La chute de ces deux mastodontes affecterait la Calédonie entière, mais surtout, au premier chef, la province Sud.

Dans un document, la province Nord fait connaître sa position sur le texte accordant d’éventuelles autorisation. « La Province Nord n’abondera pas dans le sens de cet avant-projet de texte, qui consacre, par millions de tonnes et par les métallurgistes locaux, l’exportation de minerai brut … et l’accélération de l’appauvrissement des sous-sol calédoniens parce que les actionnaires et fonds de pension de ces deux groupes multinationaux ont privilégié d’autres investissements et dans d’autres Pays que la Nouvelle Calédonie. »

Survie économique contre doctrine : aucune note n’indique qui risque de trinquer. Les salariés, les entreprises, les recettes fiscales, les recettes sociales, la Cafat et la province Sud. Mourir tout de suite, ou être en vie mais souffrant demain, that is the question.