DÉCONFINEMENT EN CALÉDONIE : QUAND ET DANS QUELLES CONDITIONS ?

La France a décidé d’allonger la période de confinement, mais cette fois ci, sans avancer de date. Le Président de la République s’exprimera lundi soir, à 20h, heure de Paris. L’Australie et la Nouvelle-Zélande demeurent très prudentes sur la suite du « lockdown ». En Calédonie, Jacques Lalié, président de la province des Iles veut lever sans délai le déconfinement de son territoire. Vers quelle solution peut s’orienter le territoire, par ailleurs confronté, comme tous les pays, à une crise économique catastrophique ?

Toutes les communautés scientifiques s’accordent sur la nécessité de disposer de tests à grande échelle, et, le cas échéant, d’un ou de plusieurs médicaments pour envisager une sortie de déconfinement. L’Autriche, elle, a décidé de passer à l’acte et procèdera dans les jours à venir, à un déconfinement progressif, et se réserve la possibilité de revenir à un confinement strict au cas où. Lire notre article.

Quoi qu’il arrive, les comportements nouveaux devront être pérennisés : gestes barrière et distanciation sociale.

LA CALÉDONIE EST-ELLE PRÊTE À OUVRIR LES VANNES ?
Pour les décideurs politique et le représentant de l’Etat, la question est : la Calédonie est-elle prête à « ouvrir les vannes », même partiellement et progressivement ?

L’absence de tests, et notamment de tests sérologiques permettant de constater la « circulation » du virus, le manque de masques, l’absence d’un médicament avéré sont autant de contre-indications à la levée du confinement la semaine prochaine.

LES « OUTILS » DU DÉCONFINEMENT SE METTENT EN PLACE
En revanche, la science et l’industrie travaillent d’arrache-pied pour fournir de nouveaux outils destinés à combattre la crise sanitaire. En Calédonie, des masques commencent à arriver, et des masques « alternatifs » sont ou vont être fabriqués. Pour le reste, nous sommes dépendants de la métropole, mais là aussi, les choses avancent : tests sérologiques, rapides et unitaires ou classiques, fabriqués en France bientôt disponibles, tests PCR (prélèvement nasal à l’aide d’un écouvillon), essais sur l’hydroxychloroquine+azythromycine, essais de plasma thérapeutique, études méthodologiques de sortie de confinement seront à la disposition de la Nouvelle-Calédonie.

Il demeure que déconfiner en l’absence de ces « outils », ce serait probablement avancer dans le brouillard et au petit bonheur la chance. A supposer, de surcroît que des porteurs asymptomatiques seraient présents dans la population …

LE SCÉNARIO « STOP AND GO »
Il existe pourtant une théorie, prônée par les chercheurs de l’Impérial College de Londres, qui repose sur une stratégie dénommée « stop and go ». En clair, un premier déconfinement contrôlé, et en cas de retour de l’épidémie, le retour à un confinement strict. Et ainsi de suite. Il faut dire que le groupe anglais de chercheurs estime qu’en l’absence de vaccin, la crise sanitaire pourrait durer jusqu’en 2022.

DÉCONFINEMENT POUR LES LOYAUTÉ ?
Dans les différents scénarios envisagés, il existe également une théorie du déconfinement par région. C’est ce que demande le président de la province des Iles pour son propre territoire pour l’instant totalement indemne du Covid-19.

L’Académie de Médecine estime que dans ce cas :  » Dans les régions en déconfinement, il devra être interdit de « se rendre dans une région encore en situation de confinement ». Autrement dit, dans ce cas de figure, les Iles Loyauté devront se conformer à un isolement total pour toute la durée où un confinement, même partiel, serait appliqué en province Sud, par exemple. Pourquoi pas ?

TIRER LES FRUITS D’UNE BONNE GESTION CALÉDONIENNE DE LA CRISE
La Nouvelle-Calédonie a cependant une chance, ou plus exactement, récolte pour l’instant les fruits d’une réactivité intelligente et pertinente à la crise du Covid-19 : une situation sanitaire stable que lui envieraient bien des pays. Première réflexion : il ne faudrait pas qu’elle en perde les bénéfices. Deuxième réflexion : dotée des outils médicaux et comportementaux indispensables, alors elle pourrait envisager avec prudence un déconfinement contrôlé, entouré des avis de la cellule nationale présidée par Jean Castex, et s’astreindre à un retour immédiat au confinement pur et dur en cas d’alerte. Et ainsi de suite.

Pour la semaine prochaine ? Les « pré-requis » ne militent pas en cette faveur.