MUNICIPALES : CE QUI PEUT CHANGER EN CALÉDONIE

Tandis que les derniers meetings de la campagne pour les municipales se tiennent un peut partout en Calédonie, les 234 listes de candidat vont-elles provoquer des changements profonds ? Probablement pas. Mais si les majorités, dans la plupart des communes les plus importantes ont peu de risque de basculer, les effets politiques des partis affichés ne seront pas négligeables.

C’est d’abord l’Avenir en Confiance qui va faire son entrée, au minimum dans l’agglomération où les maires en place semblent implantés sur une solide base électorale. Peu de pronostics donnent en effet Sonia Lagarde, Georges Naturel, Eddie Lecourieux ou Willy Gatuhau battus. Ils vont naturellement bénéficier de « la prime au sortant », forts d’un bilan qui, d’une manière générale, apparaît positif pour une grande partie des électeurs.

Face à eux, des listes de dernière minute comme à chaque élection, mais surtout des listes émanant de partis politiques en place, ou de partis politiques récents. Calédonie Ensemble, Générations NC et l’Eveil Océanien en font évidemment partie. Ils peuvent sortir renforcés ou affaiblis de cette épreuve.

En Brousse, c’est évidemment le scrutin de la Foa qui retient l’attention. Au travers du nom des listes, c’est évidemment un choc entre Calédonie Ensemble et l’Avenir en Confiance qui se dessine, avec le leader de Générations NC en outsider. Symboliquement, la Foa représente le creuset du parcours politique de Philippe Gomes. Une défaite, après celle des provinciales, serait un coup terrible pour son parti. Une victoire, en revanche, montrerait le maintien d’un implantation locale, même affaiblie.

L’île des Pins est une petite commune par la taille, mais grande par sa renommée, et par celle du Grand Chef Hilarion Vendegou récemment décédé. A Kunié, les majorités se sont déjà faites et défaites, l’habileté et l’autorité de feu le Grand Chef avaient fait le reste. Le changement possible ne passerait pas inaperçu.

Chez les indépendantistes, dans plusieurs communes comme Hienghène, Poindimié, Canala ou encore Pouembout, ce n’est pas la fête. Les rivalités entre l’Union Calédonienne et le Palika sont la braise qui couve sous les cendres. Les candidats officiels sont en outre doublés par des candidats dissidents, comme à Pouembout ou à Hienghène. Ces oppositions risquent de laisser des traces, y compris pour la capacité de mobilisation au second référendum.

Au total, les élections de dimanche n’apporteront pas de bouleversement en vue dans la gestion des communes. Mais paradoxalement, des conséquences politiques sont probables. Dimanche soir.