LES LOYALISTES PRIVÉS DE DRAPEAU FRANÇAIS AU RÉFÉRENDUM ? Avis du Congrès vendredi 6 mars

Cela peut paraître invraisemblable pour le référendum, mais l’interdiction relève du droit électoral général. L’article 27 du Code électoral dispose en effet que « les affiches et circulaires ayant un but ou un caractère électoral qui comprennent une combinaison des trois couleurs : bleu, blanc et rouge à l’exception de la reproduction de l’emblème d’un parti ou groupement politique sont interdites. » L’article 28 précise que « les bulletins doivent être en effet imprimés en une seule couleur et sur papier blanc. »

LES LOYALISTES SONT MONTÉS AU CRÉNEAU
Ainsi donc, pour le référendum de septembre prochain, les partisans de l’indépendance pourraient afficher le drapeau de Kanaky, mais les loyalistes seraient interdits d’utiliser le drapeau de la France ! Inenvisageable pour les partis prônant le maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la République, et qui sont donc montés au créneau.

Il semblerait que l’Etat soit tout à fait conscient du caractère quelque peu ubuesque de la contrainte, s’agissant d’un référendum « pour l’indépendance » ou « pour le maintien dans la France », ce qui est totalement différent d’une quelconque élection.

UN DÉCRET POUR RÉTABLIR L’ÉGALITÉ
Avant l’éventuelle publication d’un décret rétablissant une sorte d’égalité de campagne électorale, le Congrès de la Nouvelle-Calédonie va se réunir pour donner un avis sur ce rétablissement qui devrait figurer dans l’acte réglementaire de convocation du corps électoral référendaire.

Cet avis est purement consultatif, mais il ne fait pas de doute qu’il pourrait peser dans la décision du gouvernement français.

PAS DE MAJORITÉ AU CONGRÈS
Au sein de l’assemblée locale, aucune majorité claire n’existe. C’est en effet l’Eveil Océanien qui fait la balance, comme ce fut le cas pour l’élection de Rock Wamytan au poste de Président.

Alors que tous les partis sont en campagne pour les municipales, un vote négatif serait perçu comme un vote anti-France. La position des indépendantistes est, semble-t-il, elle même nuancée, entre ceux qui revendiquent l’indépendance pure et dure, et ceux qui défendent l’idée d’une indépendance en partenariat avec la France. Mais dans les circonstances électorales actuelles, on voit mal les deux grands partis ajouter aux frictions qui se sont fait jour dans plusieurs communes. La solidarité indépendantiste s’imposera probablement.

LA CHARNIÈRE ÉVEIL OCÉANIEN
Quant à l’Eveil Océanien où, en interne, certains avis seraient divergents, l’enjeu est plus  délicat. Une position hostile à l’équité électorale risquerait de fracturer son électorat à quelques jours de son premier scrutin après celui des élections provinciales.