QUEL GROUPE CHINOIS SERAIT INTÉRESSÉ PAR LE RACHAT DE L’USINE DU SUD ?

L’annonce de la mise en vente de l’usine hydro-métallurgique de Vale a eu un écho bien au delà de la Nouvelle-Calédonie. Localement, elle a plutôt provoqué un choc.

Le coût total des installations de Vale NC a été estimé à 10 milliards de dollars par Global Mining Research. Invendable. La dépréciation, la seconde, intervenue ces derniers jours correspond bien à une opération de mise sur le marché dans des conditions acceptables par un investisseur intéressé.

On parle beaucoup du géant chinois Tsingshan, ces temps ci.

En Nouvelle-Calédonie, les milieux intéressés le connaissent. Et pour cause : Eramet lui a cédé le contrôle du gisement de Weda Bay en Indonésie où le groupe chinois a construit une usine de traitement « classique » en un temps record et pour 3 fois moins cher qu’en Calédonie.

Dans les milieux internationaux, Tsingshan est bien connu. Dans les années 2000, il avait été précurseur dans la production de « pig iron », cette fonte de nickel qui a fait baisser les cours. Il en est le premier producteur mondial.

Le géant chinois a fait sensation en annonçant l’ouverture d’une usine utilisant un procédé analogue à celui de Vale (HPAL (High pressure acid leaching) dont le coût serait de … 700 millions de dollars. Soit 80 milliards de CFP ! Moins cher que notre usine à gaz, euh .., que notre centrale à gaz.

Cette information a tout de même suscité un certain scepticisme aussi bien en ce qui concerne les délais indiqués ainsi que le coût total.

Mais ce qu’il faut en retenir, c’est que la Chine, au travers des sociétés géantes qu’elle contrôle, poursuit son expansion économique. Or le secteur des batteries, moins exigeant en terme de qualité que celui des aciers, est prometteur et notamment … pour le marché intérieur chinois.

Le conglomérat chinois Tsingshan, fondé en 1992, emploie plus de 40 000 personnes. Il est classé au 110e rang du top 500 des entreprises chinoises, tous secteurs confondus. Il produit annuellement 8 millions de tonnes (15% de l’inox mondial), une production qui pourrait monter à 10 millions de tonnes en 2020.

Partenaire en Indonésie du leader français du nickel Eramet, bien connu des milieux gouvernementaux et industriels français, doté d’une puissance financière pratiquement sans limite et d’une parfaite connaissance technologique, Tsingshan pourrait bien figurer parmi les prétendants à la reprise de l’usine du sud.