LA CALÉDONIE EN ROUTE POUR LA RELANCE ÉCONOMIQUE

En faisant adopter le projet de Plan de Relance à l’unanimité par le gouvernement, Christopher Gyges donne deux orientations nouvelles à ce qui constituera, avec les mesures à venir sur la fiscalité, un modèle économique original. La première est la méthode, fondée sur la concertation avec les acteurs, la seconde est le contenu, basé sur des concepts plus modernes et surtout, pragmatiques. Avancées.

UNE CONSULTATION SANS PRÉCÉDENT – Comme il s’y était engagé, le membre du gouvernement en charge, notamment, de l’économie, est allé au devant des acteurs de l’économie. Au delà des nécessaires réunions avec les responsables des grandes organisations représentatives comme le Medef et les chambres consulaires, la démarche a consisté à se déplacer sur le terrain -aux Iles, en Brousse, à Nouméa- pour recueillir les avis et les doléances des entrepreneurs. Ceux-la même que l’on ne rencontre jamais, à l’exclusion des campagnes électorales …

DES MESURES ATTENDUES DEPUIS LONGTEMPS : LA SIMPLIFICATION – « Qu’on arrête d’emmerder les entreprises« , cette phrase reprise par un certain nombre d’hommes politiques français n’avait pas, pour l’heure, trouvé écho en Nouvelle-Calédonie.  Au contraire. Avec la taxation des prix, et l’encadrement des marges, jamais les contrôles en tout genre n’ont été aussi nombreux, stressants et pesants pour les entreprises. Ce n’est pas pour autant que la reprise de la consommation, annoncée par le dispositif d’encadrement, a été au rendez-vous.

Les contrôles sont nécessaires, pour éviter les abus. Mais surtout, en plus de quelques concepts économiques archaïques, le territoire n’a eu de cesse de transposer localement les innombrables réglementations métropolitaines, ou pire, européennes. Ce copié-collé, qui ne se limite d’ailleurs pas à l’économie, est souvent à mille lieues de ce qui est raisonnable pour une économie insulaire, dans un marché intérieur de 300 000 habitants.

La simplification administrative et fiscale sera la bienvenue. Elle sera probablement accompagnée d’un développement des pratiques numériques qu’une représentante de l’Estonie présentait récemment à Nouméa, à l’initiative de la Chambre de Commerce.

PRAGMATISME POUR AIDER LES ENTREPRISES, et au premier chef, la reconstitution d’une trésorerie viable pour beaucoup d’entre elles. En plus de dispositions annoncées et avec celle du remboursement des taxes dues, à l’occasion du passage à la TGC, les acteurs économiques en difficulté de cash vont pouvoir respirer. Dans cet esprit, il est important que les collectivités, de plus en plus souvent mauvais payeurs, changent de comportement et que les éventuels mauvais délais de paiement ne mettent plus les entreprises en difficulté.

Incitation aux rapatriements de capitaux, exonérations de charges pour d’éventuelles primes aux personnels, incitations fiscales à l’achat d’équipements verts ou au bâtiment font également partie de la panoplie.

RELANCE DU POUVOIR D’ACHAT – Conforter les emplois existants, en créer de nouveaux, générer de la lisibilité sur le futur proche et redonner de l’optimisme sont des facteurs favorables à la consommation.

Cette dernière a besoin d’une baisse raisonnable des prix qui ne le sont plus. Dans l’esprit des concepteurs du plan de relance, la concurrence et un moyen plus efficace de réduire le coût de la vie que le contrôle économique par les administrations. Après la mise en place des « boucliers qualité/prix », le gouvernement va instaurer, pour les consommateurs, une capacité à comparer les prix avec les magasins concurrents alors même qu’ils effectueront leurs achats. Cette petite révolution devrait avoir un effet dévastateurs pour les commerçants pratiquant des marges excessives.

UNANIMITÉ AU GOUVERNEMENT. ET AU CONGRÈS ?
Le projet a recueilli un vote unanime au gouvernement, ce qui est déjà plutôt un bon signe. Dans l’immédiat, et s’agissant d’une loi du pays, il sera soumis au Conseil d’Etat.

L’étape suivante sera son examen par le Congrès, et c’est le Parlement local qui aura le dernier mot en adoptant ou non les mesures proposées, en les amendant ou non. Phase alors très politique où, sans doute, quelque politique politicienne risque de montrer le bout du nez.

En attendant, la Calédonie espère, avec une économie toujours « encalminée » dans ses difficultés. Pour certains acteurs économiques, au bout du rouleau ou presque, les nouvelles orientations en cours sont la chance ultime. Avant fermeture.