AIR OCEANIA : L’ÉTUDE DE FAISABILITÉ VA ÊTRE LANCÉE POUR LA LOW COST DES ILES

En autorisant la Sodil a créer Air Oceania, « compagnie régionale low cost », la province des Iles a voulu marquer son engagement dans un volet qui a fait sensation dans le « discours de politique générale » récent du nouveau président de la collectivité. Ce projet, qui représente à la fois un investissement considérable à l’échelle d’une province sans grandes ressources fiscales propres, et dont l’activité commerciale envisagée comporte des risques financiers tout aussi considérables, porte quelques interrogations. Dans une première phase, la Sodil doit apporter des réponses. Mais déjà se profile la question essentielle : qui va payer ?

UNE APPROCHE STRUCTURÉE
Si le projet, à priori, paraît d’un ambition démesurée, la première démarche décidée est raisonnable. En effet, la Sodil, société d’économie mixte de la province et porteur du projet via une SAS, s’est vue confier 3 missions : la faisabilité économique du projet, l’élaboration d’un « business plan », et la recherche de partenaires financiers.

ETUDE DE FAISABILITÉ – La première est simple. Elle fera l’affaire d’un cabinet qui sera choisi par la Sodil, et il s’agit simplement d’actionner une dépense d’honoraires. Le résultat, lui, sera très intéressant. L’étude devra elle-même être d’autant pus crédible qu’elle constituera, si le projet avance, un élément majeur du probable dossier de défiscalisation à soumettre à Bercy.

BUSINESS PLAN – La seconde résultera en grande partie de l’étude de faisabilité. En matière de business plan, le rigueur, si elle est de mise, peut souffrir de quelques aléas notamment sur les prévisions de chiffre d’affaires et de résultats. Et surement sur la composante carburant … Mais la difficulté essentielle réside dans l’objectif de construire une compagnie « low cost ». Des prix de vente réduits et donc une marge minimale, l’exercice n’est pas évident.

FINANCEMENT – Restera enfin à trouver des partenaires financiers. Si les résultats de l’étude de faisabilité et du business plan sont crédibles, l’affaire sera alléchante pour des investisseurs. Ils devront probablement être extérieurs. Difficile d’imaginer en effet que la Nouvelle-Calédonie, déjà propriétaire d’Aircalin, et qui finance Air Cal pour la continuité territoriale ainsi que des lignes subventionnées, puisse se lancer dans l’aventure. Quant à la province des Iles, dont les ressources sont en presque totalité apportées par les contribuables de la province Sud par la voie du rééquilibrage, il paraît exclu qu’elle puisse seule supporter le poids et les risques de l’affaire.

ALLONGEMENT DE LA PISTE – C’est la Nouvelle-Calédonie qui pourrait assurer le financement de l’allongement de la piste de Wanaham, puisqu’il s’agit d’un aérodrome territoriale. Cet effort sera possible si l’étude de faisabilité et le business plan sont concluants, bien sûr.

Quant à l’aéroport, la province des Iles semble se satisfaire des travaux de rénovation et d’agrandissement qui vont être effectués par le territoire, et qui étaient déjà prévus.

L’ÉTUDE DE FAISABILITÉ SERA PROBABLEMENT CONCLUSIVE, à moins qu’elle soit réalisée dans le but de l’être. Ce qui serait méconnaître l’honnêteté des donneurs d’ordre ainsi que l’analyse qui sera obligatoirement faite par des services et des observateurs tiers.

C’est ce premier volet, au delà des effets d’annonce, qui lancera le projet. Ou le stoppera.