COMITÉ DES SIGNATAIRES : GLOBALEMENT UNE RÉUSSITE POUR L’AVENIR EN CONFIANCE

Ce 19e Comité des Signataires comportait deux sujets essentiels : le second referendum et la situation économique. Le premier allait de soi, compte tenu de l’échéance programmée par la loi organique, et le second rejoignait à la fois une préoccupation déjà exprimée par le Premier ministre (Tout ne peut se résumer à des échéances politiques, et le contexte économique et social doit revêtir une importance majeure), et affirmée par les responsables de l’Avenir en Confiance. Sur ces deux sujets, si ce n’est le carton plein, c’est à tout le moins une réussite. Commentaires.

L’ÉTAT ACTEUR ÉCONOMIQUE MAJEUR ET INCONTOURNABLE
Boudée par les indépendantistes, Calédonie Ensemble et la CPME, la conférence économique tenue à la Maison de la Calédonie la veille du comité des signataires avait déjà marqué plusieurs points positifs. S’agissant essentiellement d’indications provenant de l’Etat, ils auguraient plutôt bien de la première partie du Comité des Signataires, justement consacrée à l’économie.

C’est effectivement ce qui s’est passé. Les indépendantistes, Calédonie Ensemble et la CPME avaient négligé le fait que si la matière économique, en terme de réglementations et de fiscalité, relève en presque totalité de la Nouvelle-Calédonie, l’Etat, avec ses 160 milliards FCFP de transferts annuels, ses contrats de développements, son pouvoir de décision en matière de défiscalisation « Bercy », ou encore sa compétence en matière de monnaie ou de loi bancaire, demeure un acteur autant majeur qu’incontournable …

DES AVANCÉES FINANCIÈRES ET ÉCONOMIQUES SIGNIFICATIVES
Répondant à plusieurs demandes exprimées par l’Avenir en Confiance, l’Etat a annoncé des mesures significatives en matière de crédit et de financements publics.

Dans le communiqué final, il est ainsi mentionné, via l’IEOM : le développement du marché interbancaire à l’intérieur de la zone CFP, l’augmentation de sa capacité de refinancement d’ici la fin de l’année en Nouvelle-Calédonie de 17 milliards de CFP, et enfin, un travail sur l’élargissement de ce refinancement aux créances à moyen terme, d’un montant comparable. Soit 17 milliards FCFP.

Concernant l’AFD, un travail technique visera à étudier son éventuelle capacité à intervenir dans le refinancement des banques calédoniennes, en cas de besoin.

En prime, le Premier ministre a ouvert la bourse de l’Etat avec 9 milliards supplémentaires au titre des contrats de développement en cours, contrats étendus jusqu’en fin 2022.

LE REFERENDUM PLUS TÔT QU’EN NOVEMBRE
Venait ensuite la question de la date du referendum. Bien entendu, l’Etat conserve en la matière son pouvoir de décision. Mais Edouard Philippe avait clairement indiqué qu’il rechercherait le consensus.

Les indépendantistes voulaient le maintien en novembre 2020, Calédonie Ensemble ne voyait aucun intérêt à avancer la date. Finalement, sous l’impulsion de l’Etat, tout le monde s’est accordé à fixer la date du scrutin en amont de 2 mois. Sur le principe, l’avantage a été donné à l’Avenir en Confiance.

PAS D’INSCRIPTION AUTOMATIQUE POUR LES NATIFS « NON COUTUMIERS », MAIS … L’ETAT ASSURE QU’IL FERA EN SORTE QUE TOUS S’INSCRIVENT
Une disposition a été contestée, à la fois par l’Avenir en Confiance et par Calédonie Ensemble : celle des inscriptions automatiques. Pour les personnes relevant du statut coutumier et ayant atteint les critères de vote au prochain referendum, l’inscription sur la liste électorale spéciale sera automatique, dispositif déjà en cours. En revanche, celles relevant du statut de droit commun ne le seront pas. Elles devront donc effectuer les démarches d’inscription nécessaires.

Mais au total, l’Etat s’est engagé à réaliser, auprès de ces 2000 personnes, un accompagnement exceptionnel : prise de contact individuelle, accompagnement individuel, en clair, une garantie que tous les électeurs concernés pourront voter, à l’exception, bien sûr, de celles qui ne le veulent pas.

De quoi rassurer les loyalistes, comme d’ailleurs les indépendantistes qui savent que parmi les natifs de droit commun figurent … de nombreux Kanak.

UN ESPRIT PLUTÔT POSITIF
Parti sur des bases plus proches de l’affrontement que du consensus, ce Comité des Signataires s’est finalement bien déroulé.

Dans cette atmosphère, on y trouve le style particulier du Premier ministre Edouard Philippe. Et si les affaires de l’Etat sont en permanence préoccupantes, il a trouvé le temps -et les arguments- pour conduire les frères ennemis calédoniens à un accord sous la main bienveillante de la France.