DATE ET CONDITIONS DE PARTICIPATIONS AU REFERENDUM : L’ENJEU DU COMITÉ DES SIGNATAIRES

L’année 2020 sera marquée par l’organisation du second referendum. Ce dernier a été demandé aussi bien par le FLNKS que par l’Avenir en Confiance. Les raisons en sont différentes : le FLNKS veut accentuer son score de novembre 2018, l’Avenir en Confiance veut lever le plus rapidement possible les incertitudes générées par le scrutin. Au coeur des discussions, la date et les conditions de participation. Divergences.

LE PLUS TÔT versus LE PLUS TARD
Première divergence : la date du second scrutin. Pour l’Avenir en Confiance, le plus tôt sera le mieux afin, soit de s’orienter rapidement vers le troisième et sortir d’un cycle d’incertitude, soit de transformer le troisième scrutin en vote sur un nouveau statut pour la Calédonie.

Pour le FLNKS, le plus tard est le mieux. Raison invoquée : donner le temps à l’Etat de corriger ce que les indépendantistes qualifient de « disfonctionnement ». Un mot pour probablement définir une modification des conditions de participation

CHANGER LES RÈGLES EN COURS DE PROCESSUS !
Les indépendantistes sont fidèles à leur stratégie : demander toujours davantage. Un peu comme l’adage : « ils avaient tout, alors ils ont exigé le reste ».

En l’espèce, deux demandes nouvelles se sont faites jour : le vote des reclus en prison, et celui de 2000 personnes encore non identifiées. Des votes probablement plus favorables à l’accession à l’indépendance.

« Pas question », répond Sonia Backes pour l’Avenir en Confiance. Explication : on ne peut pas changer les règles d’une consultation aussi déterminante entre deux scrutins liés à cette consultation.

COUPER LA POIRE EN DEUX
La date sera de toute façon fixée par l’Etat. Les deux parties adverses font valoir leurs positions respectives et l’Etat décidera.

Dans une affaire de cette nature, il y a fort à parier qu’il procédera à un jugement de Salomon. Puisque l’Avenir en Confiance propose juillet 2020 et le FLNKS novembre 2020, septembre pourrait être un date médiane …

CONFÉRENCE ÉCONOMIQUE : LE « NIET » DES INDÉPENDANTISTES
Les indépendantistes ne participeront pas à la conférence économique précédant le comité des Signataires. Pour des raisons peu fondées.  » Pour nous politiquement, c’est une reprise en main par l’Etat des compétences transférées par l’accord de Nouméa. Tous les sujets d’ordre économique, tous les sujets sur les compétences transférées doivent être discutés ici. Nous on n’a pas besoin d’argent, on n’a pas besoin de sous, pas besoin de grand emprunt. Nous on a besoin de réforme. En disant ça, on dit tout« . Ainsi a parlé Chanel Tutugoro au nom du FLNKS.

Pourtant, Nouméa ou Paris, le lieu n’a guère d’importance quand il s’agit de remettre l’économie calédonienne sur pied. Mais visiblement, l’économie n’est pas la tasse de thé des indépendantistes.