GRAND DÉBAT ÉCONOMIQUE : RETISSER DU LIEN ENTRE POLITIQUE ET ÉCONOMIE

250 personnes étaient présentes pour cette « première »

C’était hier la première des 4 étapes prévues pour le grand débat entre les responsables politiques et les entrepreneurs. Une initiative qui tranche singulièrement avec la méthode employée par le précédent gouvernement, et développée par Christopher Gygès, membre du gouvernement en charge de l’économie et de la fiscalité. Débat.

Beaucoup de monde à la Chambre des Métiers, des chefs d’entreprise, des artisans, des professions libérales. Présent également, un représentant de l’Etat, Thierry Santa, président du gouvernement, Sonia Backès, présidente de la province sud, Sonia Lagarde, maire de Nouméa ou encore la présidente de l’Autorité de la Concurrence. Christopher Gygès avait promis que ceux qui voudraient prendre la parole le pourraient, sans autre filtre que les principes de respect qui s’imposent.

Les chambres consulaires ou encore le CES ont largement « joué le jeu ». Présents, également, des directeurs administratifs territoriaux afin qu’il perçoivent mieux, et en direct, les soucis de l’entreprise calédonienne.

Il n’y pas eu de temps mort. Les personnes présentes ont abordé, d’emblée, les sujets qui les préoccupent, du paiement tardif des collectivités à la complexité administrative, en passant par la situation difficile du centre-ville de Nouméa et la « lisibilité » de l’avenir politique de la Nouvelle-Calédonie.

Il ne s’est pas agi que de récriminations. Plusieurs suggestions, plusieurs propositions ont été formulées, en général pertinentes. Ainsi, un médecin a pointé du doigt l’archaïsme informatique en matière de suivi et de contrôle des soins, et notamment des ordonnances pour arrêt de travail. Les pistes indiquées sur la numérisation des actes, -et qui s’inscrivent partiellement dans les recommandations formulées par les inspecteurs généraux de l’Igas-, ont été largement applaudies. Et notées par les responsables politiques.

Christopher Gygès, tout en demeurant prudent sur la position que le Congrès adopterait sur les propositions acceptées en gouvernement, a indiqué les pistes retenues pour la relance et le projet de stabilisation fiscale.

Le remboursement anticipé de la seconde moitié de la dette du territoire sur les droits à l’importation perçus lors de la mise en place de la TGC est une nouvelle évidemment très bien accueillie. Il a également beaucoup été question de la simplification des procédures ou de leur adaptation. Certains d’entre elles, tellement calquées sur la métropole, sont d’ailleurs presqu’inapplicables en Calédonie.

Les entreprises ont, par ailleurs, besoin de visibilité sur le moyen et le long terme. Le débat est donc passé par la case « institution » avec les referendum en arrière-plan.

La sortie du contrôle des marges les préoccupe. Il a été question du bouclier qualité/prix, dont la mise en place outre-mer s’est effectuée à la satisfaction des acteurs économiques et des consommateurs.

L’exercice du membre du gouvernement nouvellement en charge de l’économie était plutôt risqué, dans une situation économique dégradée, et un contexte d’interrogations générales. La liberté de parole a été respectée. Les échanges sont demeurés d’un très bon niveau. Pour ce qui est du débat, déjà, c’est une première réussite.