LYCÉE DO KAMO : UNE AVENTURE SINGULIÈRE DEPUIS 40 ANS

Par nature, l’aventure du Lycée Do Kamo est une histoire particulière. Ne pas laisser sur le bord du chemin, ses élèves, en majorité Kanak, pour beaucoup en situation d’échec scolaire, c’est la mission que l’Alliance Scolaire de l’Eglise Evangélique, l’ASEE, s’était fixée. Et toute une communauté d’enseignants, d’encadrants, de parents, a adhéré à cette entreprise ambitieuse que les observateurs regardaient, à ses débuts comme une curiosité. Avec d’incontestables difficultés si l’on en croit les dégradations commises par des jeunes en fin de semaine dernière, en marge de la fête des 40 ans du Lycée …

40 ans ont passé. Les enseignants ont fait la preuve que c’était possible. Fait unique, les parents, très investis, viennent encadrer les élèves de terminales pour la préparation du bac. Résultat : des jeunes, en général issus de milieux modestes, en butte à des difficultés liées au phénomène d’acculturation société occidentale/société kanak, titulaires en nombre du précieux sésame pour l’entrée en enseignement supérieur ou, parfois, en vie active.

Expérience quelque peu singulière dans le milieu codifié et policé de l’enseignement, la célébration de ses 40 ans à eu son lot de franc parler avec une invitation sans langue de bois pour la réalisation d’un destin commun bringuebalant formulée par une « ancienne » élève. Une reprise audacieuse dans un reportage de NC la 1ère : « Hé oui, je fais ma chieuse, je vous dis : allez plus loin et arrêtez d’emmerder les blancs« . On imagine sous-entendre « Consacrez vous à votre réussite, et rétablissez le respect de la multiculturalité calédonienne« . Sous cet éclairage, chapeau ! Mais message encore peu audible par quelques jeunes réfractaires …