SEXE ET DROGUE À TAHITI : LE PROCÈS QUI VIENT D’AGITER PAPEETE

C’est une sordide affaire de prostitution de mineures sur fond de drogue qui vient d’agiter la Polynésie. Le procès s’était ouvert le 27 août et s’est soldé par des condamnations très lourdes pour les accusés, des condamnations qui sont allées au delà des réquisitions. Sexe et drogue.

ÉBATS TARIFÉS À LA MÉTHAMPHÉTAMINE
Tout a commencé par l’arrestation d’une mineure en compagnie d’un trafiquant de drogue notoire, Adelino Dias Nogueira, incarcéré depuis dans la « Mexican Connection ». Les enquêteurs découvrent qu’elle se livre à la prostitution en échange d’ice, surnom de la méthamphétamine, une drogue de synthèse particulièrement dure et addictive, surnommée « pas dormir » à Tahiti. Les ébats se déroulent à l’hôtel Royal Tahitien, dans des chambres louées par un certain Gerardo Lozano dont la soeur a été condamnée dans une autre affaire de trafic d’ice.

Une enquête préliminaire est alors ouverte pour proxénétisme sur mineure et trafic de stupéfiants.

MINEURES RECRUTÉES POUR DES PARTIES FINES
L’affaire remonte, en fait, à 2011. Une ancienne enseignante, Sabine Boiron, aurait recruté des mineures pour des parties fines avec son amant, Thierry Barbion, un homme d’affaires, avec usage de drogue. Les réjouissances se déroulaient soit au domicile de l’intéressé, soit dans son bureau situé au dessus du bar Ute Ute.

DES DEALERS ARRÊTÉS
L’ancien gérant du bar est lui aussi impliqué dans cette tortueuse affaire, et aurait eu des relations sexuelles avec au moins une mineure.

Quant aux dealers d’ice, la drogue omniprésente dans cette affaire scabreuse, ils ont également été arrêtés et jugés. En janvier dernier, la gendarmerie avait déjà démantelé une fabrique de cette drogue à Taravao. Un trafic juteux, chaque gramme d’ice étant vendu au minimum 140 000 francs CFP.

Au total, 10 personnes ont été jugées, comparaissant pour trafic de drogue, prostitution ou corruption de mineures.

VERDICTS TRÈS LOURDS
Les verdicts comportent tous de la prison : 7 ans pour Sabine Boiron (réseau de prostitution de mineure), 4 ans pour Thierry Barbion (recours à la prostitution de mineures et corruption de mineures), 4 ans pour Marc Ramel le propriétaire du bar (recours à la prostitution de mineure et corruption de mineure), 6 ans pour Gerardo Lozano (prostitution et corruption de mineure), 2 ans pour Stimson Aiho-Le Loch (dealer et atteinte sexuelle sur mineur), 6 mois pour Albert Amaru (usage de stupéfiants), 3 ans pour Patrick Céran-Jerusalémy (dealer), 18 mois pour Dany Cuthers (dealer), 24 mois pour Gerry Faatau (dealer), 2 ans pour Henri Marin (dealer).