LE TOURISME CALÉDONIEN DIVISÉ EN 2 MONDES !

Les observateurs attentifs du tourisme en Nouvelle-Calédonie doivent avoir le sentiment que deux mondes existent dans ce domaine économique : un monde technico-politique qui commente et affiche des résultats, et un monde professionnel qui ne s’exprime guère, mais qui gère cette économie.

LES DEUX MONDES
Du côté de ceux qui s’expriment, on se souvient de la note de l’IEOM du juin dernier, affirmant que dans une économie globalement en difficulté, seul le tourisme tirait son épingle du jeu. Et qu’il enregistrait même « un regain d’optimisme ».

Quant aux statistiques, elles s’obstinent à ne pas distinguer les personnes entrant sur le territoire, et celles dont le motif de séjour est le tourisme. Résultat : des records douteux claironnés par certains, agglomérant joyeusement Japonais et … Wallisiens !

Dans l’autre monde, il y a les professionnels du tourisme. En juin, noumeaPost faisait part de leurs difficultés, notamment en hôtellerie, une situation contrastant singulièrement avec la fameuse note de l’IOM.

« DÉBUT D’ANNÉE EN BAISSE »
Avec la publication d’un commentaire sur la conjoncture du premier trimestre 2019, l’Isee-nc constate malgré tout « un début d’année en baisse« . L’arrivée des Wallisiens, des Futuniens, des Vanuatais et des Polynésiens n’a pas suffi à maintenir le climat de records de fréquentation touristique …

Pire, d’ailleurs, les croisiéristes, eux aussi, font de la diminution. En repli de 25%. Il serait bon d’ajouter que ce recul n’est pas nouveau, et que les autorités, à tous les niveaux, brillent depuis plus d’une décennie par leur désintérêt de la croisière. Au grand dam de la compagnie australienne Carnival dont la filiale P&0 dessert la Calédonie.

RETOUR NÉCESSAIRE À DES FONDAMENTAUX
Il serait temps, par conséquent, de doter l’Isee des moyens nécessaires à une bonne analyse de la seconde économie du territoire, et à des enquêtes régulières, aussi bien économiques que de satisfaction de nos touristes. Et l’Isee en a les compétences techniques.

Il serait tout aussi temps de revenir à des fondamentaux de développement touristique. Largement oubliés depuis le calamiteux PDTCNC au profit de nombreuses déclarations hasardeuses. Ou d’investissements publics improbables comme le Sheraton de Deva …