BONNE NOUVELLE POUR LA CALÉDONIE : LA SLN ÉVITE LA PROCÉDURE DE SAUVEGARDE

A l’issue du rapport d’audit, et compte tenu des récentes évolutions locales en faveur de la société, le Conseil d’administration d’Eramet n’a pas décidé de placer la SLN sous la protection de la procédure de sauvegarde.

Incontestablement, l’autorisation d’exportation de minerai basse teneur s’ajoutant aux efforts consentis par le personnel, et dernièrement, la mobilisation de la province Sud et du gouvernement suscitée par Sonia Backès, nouvelle présidente de la province Sud, ont pesé sur la décision des administrateurs.

L’entreprise reste évidente sous la vigilante attention de ses dirigeants, mais le Conseil d’administration a préféré attendre les premiers effets des mesures de sauvetage, ainsi que les engagements de la Nouvelle Calédonie sur l’adaptation du coût de l’électricité.

A l’issue, Christel Bories a déclaré :  »

« Dans un contexte difficile marqué par une baisse des prix de nos métaux, les perturbations en Nouvelle-Calédonie et la revue des processus qualité d’Aubert et Duval, Eramet poursuit activement le déploiement de sa feuille de route stratégique. Plusieurs étapes clés ont été franchies au 1er semestre : avancées décisives du plan de sauvetage de la SLN, progrès significatifs à Sandouville, nouveaux records de production et réorganisation des équipes. Les actions enclenchées devraient porter leurs fruits sur la seconde partie de l’année.

Nos développements stratégiques contribueront fortement à la dynamique de repositionnement du Groupe : la production de nickel à Weda Bay en Indonésie devrait démarrer au second semestre 2020, en avance sur son calendrier, et nos projets fortement créateurs de valeur d’extension de la production de manganèse au Gabon et de développement de lithium en Argentine ont franchi une étape clé avec leur validation interne et la recherche active de financements« .

Le communiqué d’Eramet fait un point de situation de la situation de la SLN dans les termes suivants (les caractères gras dans le texte ont été ajoutés par noumeaPost – Ndlr):

« BU Nickel : avancées décisives dans le plan de sauvetage de la SLN
Le chiffre d’affaires s’établit à 346 M€ au 1er semestre 2019, en baisse de 5 %, et le résultat opérationnel courant de la BU s’établit à – 70 M€. La SLN8 affiche une perte de – 57 M€, par rapport à un bénéfice de + 4 M€ au 1er semestre 2018, pénalisée principalement par la baisse des cours du nickel mais également par les perturbations des centres miniers de la Côte Est. En parallèle, l’usine de Sandouville voit les actions menées depuis début janvier se traduire en termes de performance avec une perte réduite de moitié à – 13 M€.

« La production mondiale d’acier inoxydable est restée stable (+ 0,2 %9) au 1er semestre 2019. La production en Chine a augmenté de 3,3 %9 à 13,3 Mt et a ralenti dans le reste du monde (- 3,1 %9) à 11,8 Mt. L’Indonésie présente une situation particulière avec une production d’acier inoxydable en hausse de 9 %9, liée au démarrage des productions intégrées localement en amont depuis le NPI (« Nickel Pig Iron »).

« La demande de nickel primaire a progressé de 2,9 %9 sur la période, soutenue par le développement du secteur des batteries pour véhicules électriques qui progresse de 25 %9 au 1er semestre 2019 (à 84 kt de nickel primaire).

« La production mondiale de nickel primaire est également en hausse de 10,8 %9 à 1 140 kt au 1er semestre 2019, portée par le développement continu de la production de NPI (+ 28,6 %9) notamment en Indonésie (41,8 %9).

« Partant d’un bilan offre/demande du nickel fortement déficitaire en 2018, cette hausse de la production n’a néanmoins pas suffi à répondre à l’évolution de la demande avec encore un déficit de plus de 40 kt de nickel au 1er semestre 2019. Les stocks de nickel au LME11 et SHFE11 ont ainsi poursuivi leur baisse et s’élèvent à 182 kt à fin juin 2019, (- 40 kt par rapport à fin décembre 2018, soit – 18 %) soit l’équivalent de 9 semaines de consommation (en incluant les stocks de producteurs de nickel), niveau le plus bas depuis 2012.

« Au 1er semestre 2019, la moyenne des cours au LME s’élève à 5,59 USD/lb (12 325 USD/t). Ce niveau est stable par rapport au 2ème semestre 2018, mais affiche une diminution de 11% en comparaison avec la moyenne de 6,30 USD/lb (13 877 USD/t) au 1er semestre 2018. Corrigé de l’effet devises favorable, la baisse de prix en euros affiche – 5 % à semestres comparables.

« En Nouvelle-Calédonie, la nouvelle organisation du temps de travail a permis de produire plus avec 3 centres au S1 2019 vs 4 centres au S1 2018 et de battre un record de production de minerai de nickel (1,9 Mt, + 7 %) pour un 1er semestre.

« En avril, la SLN a franchi une étape significative dans la mise en place du plan de sauvetage, avec l’obtention de l’autorisation, délivrée par le gouvernement local, d’exporter pour 10 ans 4 Mt par an de minerai de nickel à faible teneur. La montée en puissance des volumes de minerai exportés est en hausse de 7 % à 489 kt au 1er semestre ; l’objectif de 1,5 Mt en 2019 est confirmé, avec un 2ème semestre bénéficiant d’une saisonnalité favorable. Les nouveaux rythmes de travail sur mine appliqués depuis mi-mai sur l’ensemble des centres miniers, ainsi que la démarche de relations avec les communautés locales, profondément revue, permettent de conforter également l’objectif d’atteinte du rythme d’export de 4 Mt de minerai dès le 2ème semestre 2020. En parallèle, les discussions sur la réduction du prix de l’énergie se poursuivent avec les autorités locales.

« Compte tenu du blocage passé des centres miniers de la côte Est (Kouaoua en 2018 et Thio courant du 1er semestre 2019), l’alimentation de l’usine a été fortement perturbée (notamment avec des minerais à teneur trop faible) et la puissance des fours a été réduite. La production de ferronickel à l’usine de Doniambo est ainsi en recul de 12 % à 24 kt. Compte tenu des effets de stocks, la situation ne devrait revenir à la normale qu’en septembre. Par ailleurs, fin avril, la SLN a conclu avec les syndicats la révision du temps de travail à l’usine, dont les effets en termes de productivité sont attendus au cours des prochains trimestres.

« Compte tenu des importantes perturbations liées à la mise en place des nouvelles organisations sur mine et à l’usine, le cash cost de la SLN, s’établit à 6,05 USD/lb en moyenne au 1er semestre 2019. Il était revenu à 5,82 USD/lb en juin 2019. L‘objectif de réduction intrinsèque de 1,30 USD/lb en année pleine en 2021 est confirmé, sous réserve d’une bonne exécution sans perturbations.

« A Sandouville en Normandie, l’implication de la task-force d’experts, depuis début janvier 2019, a permis d’enregistrer un progrès significatif dans le fonctionnement de l’usine. Les volumes produits de nickel haute pureté ont plus que triplé et se sont élevés à 4,2 kt. La perte a été réduite de moitié par rapport au 1er semestre 2018 avec un résultat opérationnel courant à – 13 M€ et la consommation de cash a significativement diminué, avec un Free Cash-Flow de – 5 M€ (contre – 26 M€). Les équipes sont pleinement engagées pour consolider cette progression et atteindre le break-even EBITDA après l’arrêt pour maintenance du 4ème trimestre. »