GOUVERNEMENT : COLLÉGIALITÉ … MAIS PAS POUR L’ÉLECTION DU PRÉSIDENT !

La collégialité, au gouvernement, c’est une sorte de graal, selon lequel dialogue et consensus devraient aboutir à la décision, partagée, bien sûr. On a même enregistré des points de vue se référant au mot magique, « collégialité », selon lesquels une majorité n’aurait plus de sens, parce qu’il faudrait tout partager avec tout le monde ! Au gouvernement, en tout cas, les 11 nouveaux membres élus sont face à LEUR TOUTE PREMIÈRE DÉCISION INSTITUTIONNELLE : élire un Président. Mais là, étrangement, plus question de collégialité. Caricature et contradiction.

EN 2004, LE RPCR AVAIT CHOISI
Un problème similaire s’était posé dès 2004. Les deux partis non-indépendantistes disposaient de la majorité absolue, mais avec 4 sièges chacun ! Les indépendantistes, si prompts à dénoncer le non-exercice de la fameuse collégialité, avaient décidé de ne pas prendre position.

Finalement, le RPCR avait choisi de porter la candidate de l’Avenir Ensemble, parti en tête des élections provinciales, à la présidence de l’Exécutif. Un air de collégialité.

DISCUSSIONS EN 2009 ET EN 2014, MAIS COUP DE CANIF DANS LE PACTE
A l’issue des élections provinciales de 2009 et de 2014, les partis non-indépendantistes avaient résolu de s’entendre. Sauf qu’en 2014, à peine quelques mois après le « pacte de gouvernance solidaire », Calédonie Ensemble avait « fait sauter la baraque », bloquant l’institution pendant près de 4 mois.

Finalement, c’est un accord entre Calédonie Ensemble et les indépendandistes qui avait débloqué la situation, sur le dos du Front Pour l’Unité représenté par Cynthia Ligeard. Un accord de gouvernement plus qu’un exercice de collégialité.

2019 : COLLÉGIALITÉ, OÙ ES-TU ?
On voit bien ainsi que depuis 2004, la situation s’est dégradée en matière d’élection du Président du gouvernement. L’exigence de collégialité est agitée pour tous les actes de fonctionnement, mais pour cette élection, c’est « chacun se débrouille ».

L’étape actuelle étape démontre deux réalités.

Première réalité, le statut de l’institution est dépassé, ainsi que noumeaPost l’écrivait (cliquer ici pour lire l’article).

Deuxième réalité : la collégialité, le fameux « esprit des Accords », termes ronflants, c’est d’abord un marchandage. « Tu me donnes ci, je te donne ça« . Rien de choquant, mais rien de particulier par rapport à toutes les institutions politiques du monde.

C’est donc ainsi que se résoudra probablement, d’une manière ou d’une autre, le blocage actuel du gouvernement. Assez loin de la philosophie consistant à rechercher, par tous, le meilleur dénominateur commun pour le bien, la paix, le développement économique et social de la Nouvelle-Calédonie, tout en tenant compte des vrais équilibres politiques. Et peut être sous la pression d’une population de plus en plus mécontente du risque de chômage, de faillite, de la vie chère ou de la probabilité de non paiement des salaires publics dès la fin juillet.

« Tu me donnes ci, je te donne ça« . Certains appellent cela, la « collégiabilité » !