GOUVERNEMENT DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE : UN STATUT DÉPASSÉ

SEULEMENT DEUX GRANDES FORMATIONS POLITIQUES
Le mode d’élection du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a été choisi à un moment où deux grandes formations dominaient la vie politique locale : le FLNKS et le RPCR. En adoptant un scrutin de liste à la proportionnelle, les deux signataires savaient que le gouvernement comporterait une majorité RPCR, mais étaient assurés que le second signataire participerait au fonctionnement de l’institution.

RECHERCHE DU CONSENSUS ET RÈGLE MAJORITAIRE
Au delà de la règle majoritaire, admise par les parties, l’esprit qui prévalait à la mise en place du 1er gouvernement local reposait sur la recherche du consensus, comme cela avait été le cas pour les Accords de Matignon et de Nouméa. Cette recherche, labellisée par le terme de « collégialité », avait été implicitement conclue pour le fonctionnement de l’institution. En l’absence de consensus, bien entendu, la règle majoritaire allait de soi.

L’ÉCLATEMENT DES 2 GRANDS BLOCS CHANGE LA DONNE
Les signataires ont-ils pêché par excès de confiance dans le maintien durable de 2 seuls grands blocs ? C’est aujourd’hui certain. L’éclatement de ces deux grandes formations a bouleversé la donne. Peu à peu, le jeu des partis a pris le dessus. De négociations et chantages, le gouvernement a versé dans l’instabilité. En l’absence de majorité, les partis charnières font la loi. Ce n’est, ni illégal, ni anti-démocratique dans l’état juridique actuel de nos institutions.

L’INSTABILITÉ MÊRE DE TOUTES LES DÉRIVES
Pourtant, l’instabilité est la mère de bien des dérives. Dans le système électoral provincial inégalitaire qui est celui du territoire, elle peut conduire à l’impossibilité de mettre en œuvre une gestion souhaitée par une majorité d’électeurs !

Après les impérities de la 4ème République, la stabilité des Institutions constitue un fondement de la Constitution actuelle. Ce souci de stabilité s’est exprimé jusqu’à la mise en place automatique de majorités de gestion dans les communes -de plus de 3500 habitants, puis plus récemment, de plus de 1000 habitants-, avec l’attribution des 50% des sièges à la liste ayant obtenu le plus de suffrages, puis la répartition des sièges à la proportionnelle pour les 50% restants.

10 PARTIS POLITIQUES AU GOUVERNEMENT
Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie comprend aujourd’hui 10 partis politiques contenus dans 3 regroupements ! Quel pays au monde peut dire mieux ? Ou pire …

Certains prétendent que cet émiettement serait plutôt vertueux. Selon eux, il obligerait les partis à discuter puis à s’entendre. C’est un point de vue.

RÉFORME NÉCESSAIRE QUAND LE TEMPS SERA VENU
Les résultats d’une telle pratique ne sont pourtant guère concluants : ils ont conduit à la situation catastrophique que connaît à présent la Calédonie. A l’évidence, et comme la politique n’est pas le royaume des Bisounours, le système devra évoluer lorsque le temps d’une telle décision sera venu.

Personne, évidemment, ne voudra remettre en cause la participation des indépendantistes au gouvernement en cas de majorité non-indépendantiste et réciproquement. Resterait donc à imaginer un nouveau dispositif conciliant cette exigence avec le nouveau paysage politique local. Après le 3ème referendum ?