UN GOUVERNEMENT ÉLU CE MATIN POUR UN LONG CHEMIN

Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie sera élu ce matin par les membres du Congrès. Cette élection se fera probablement sans surprise, à la proportionnelle des groupes constitués, en fonction des listes déposées. On connaît donc la composition du premier gouvernement de la dernière mandature avant la sortie de l’Accord de Nouméa. Mais ce n’est qu’un début. Il devra, pour être mis en place, élire son Président puis son Vice-président. Il devra ensuite, pour fonctionner, procéder à la répartition des secteurs. Il devra enfin, pour délibérer, trouver sur chaque texte, une majorité. Un long chemin.

LES MEMBRES DU GOUVERNEMENT
Les listes étant déposées et les groupes constitués, le gouvernement devrait être composés de 5 membres de l’Avenir en Confiance/Eveil Océanien ( Thierry Santa, Christopher Gyges, Isabelle Champmoreau, Yoann Lecourieux et Vaimu’a Muliava), de 3 membres de l’Union Calédonienne (Gilbert Tyuienon, Didier Poadjaliwane et Jean-Louis d’Anglebermes), de 2 membres de l’Uni-Palika (Jean-Pierre Djaiwé et Valentine Eurisouké), et d’un membre de Calédonie Ensemble (Philippe Germain).

LA DIFFICILE ÉLECTION DU PRÉSIDENT
Dans la foulée de leur élection, les nouveaux « ministres » seront convoqués par le Haut-Commissaire pour désigner leur président, réunion présidée par le doyen d’âge.

Compte tenu des positions affichées, aucun candidat ne devrait recueillir les 6 voix requises pour obtenir la majorité. A moins, évidemment, d’un coup de théâtre.

Dans cette hypothèse, une nouvelle convocation leur sera adressée, en général, pour une semaine plus tard, sauf accord justifiant une réunion immédiate. Les affaires courantes sont réglées par le gouvernement précédent, et la procédure peut durer indéfiniment.

COMBIEN DE TEMPS ?
Chacun peut évidemment rester sur ses positions pendant de longs mois. Mais le blocage du gouvernement entraîne, de facto, le grippage des administrations, et la suspension de toute activité législative et réglementaire de la Nouvelle-Calédonie.

Il faut ajouter à ces difficultés, le marasme économique, la dégradation des régimes sociaux quasiment en faillite, les perturbations graves et croissantes au Médipôle, et la chute des recettes publiques.

En clair, l’absence de mise en place du nouveau gouvernement sera de nature à générer une sensible aggravation de la situation, et provoquer de gros remous dans la population. Notamment, dans des secteurs comme le bâtiment, le commerce ou le tourisme, où globalement, des centaines de licenciements sont, pour quelques semaines encore, en suspens.

LE DANGER DONIAMBO
L’intervention publique d’un haut responsable local de la SLN n’est pas neutre. Il ne s’agit encore moins d’une initiative personnelle.

Compte tenu de ses pertes abyssales, certaines personnalités d’Eramet s’inquiètent sérieusement. Le désordre institutionnel, l’absence de décisions sur un sujet vital comme celui des coûts énergétiques peuvent inciter, à l’approche d’un date butoir pour une telle décision, à « jeter l’éponge ».

LA SUITE DU CHEMIN
Lors des « éditions » précédentes, l’élection du président du gouvernement s’était résumé à quelques négociations pratiques, -toujours les mêmes !- visant à des fonctions et des répartitions de secteurs. Dans 2, 3 ou 4 semaines, le processus actuel ne devrait pas échapper à la loi du genre.

Viendra ensuite la difficile répartition des secteurs, dans le détail. On se souvient de l’affectation du secteur de la Météo à Hélène Iékawé. Avec, en cas de mécontentement, l’arme, pour chaque membre du gouvernement, du contreseing obligatoire, une obligation désormais riche d’une abondante jurisprudence !

Puis, sur chaque texte, il conviendra de trouver une majorité. Car, au delà des grands débats sur la « collégialité » -en réalité, toutes les assemblées sont collégiales-, le fonctionnement institutionnel est classique : pour qu’un texte soit adopté, il faut une majorité pour le voter.

Enfin, les textes votés et transmis au Congrès pour ce qui concerne les lois du pays et les délibérations, c’est au « Parlement » local qu’une majorité devra décider. Mais cela est déjà une autre histoire …