CALÉDONIE ENSEMBLE NE SOUTIENDRA PAS LA CANDIDATURE LOYALISTE AU GOUVERNEMENT

C’est le Secrétaire Général de Calédonie Ensemble qui l’a annoncé dimanche soir au micro d’Yvan Avril sur NC 1ère : « il n’est pas question, pour nous, de soutenir la candidature de Thierry Santa au gouvernement ». Selon les prévisions basées sur l’importance des groupes au Congrès, et à la suite de l’Alliance entre l’Avenir en Confiance et l’Eveil Océanien, les indépendantistes disposeront de 5 sièges dans l’Exécutif local, à égalité avec l’alliance. Si Calédonie Ensemble maintient sa position, ce sera un remake de 2015. Menace ou tactique ?

EN 2004, L’AVENIR ENSEMBLE AVAIT TRUSTÉ LES POSTES EN PROVINCE SUD …
En 2004, alors que l’Avenir Ensemble ne disposait par de la majorité absolue à l’Assemblée de la Province sud, -19 sièges contre 16 au RPCR-, le nouveau parti avait trusté tous les postes de l’Exécutif de la province Sud. Philippe Gomes avait été élu Président, avec comme Vice-présidents, 3 autres membres de la même formation politique, Sonia Lagarde, Philippe Michel et Christiane Gambey.

… AU CONGRÈS …
L’Avenir Ensemble avait également trusté les postes de la présidence du Congrès et de la commission Permanente. Une domination sans partage.

… ET AU GOUVERNEMENT
Quant au gouvernement, toujours en 2004, après la sombre affaire Vigouroux et la chute du premier gouvernement Thémereau, les 4 élus de l’Avenir Ensemble s’étaient retrouvés à égalité avec les 4 élus du RPCR.

Finalement, pour débloquer la situation institutionnelle, le RPCR, prenant en compte le résultat des élections provinciales, avait décidé de voter pour Marie-Noelle Thémereau et de la porter à la présidence du gouvernement.

EN 2014, ACCORD, PUIS CALÉDONIE ENSEMBLE FAIT CHUTER CYNTHIA LIGEARD DU RASSEMBLEMENT
En 2014, c’est à nouveau un « pacte » entre les formations non indépendantistes, cette fois-ci de « gouvernance solidaire ». Las pour le Rassemblement, il ne dure que quelques mois ! Calédonie Ensemble décide de le faire chuter, puis de se saisir de la présidence avec les voix des indépendantistes début 2015. Cette nouvelle majorité aura fonctionné jusqu’en 2019.

UNE MÉMOIRE SÉLECTIVE
Aujourd’hui, le représentant de Calédonie Ensemble, ne disposant, en province Sud, que de 9 sièges contre 20 sur 40 à l’Avenir en Confiance, s’indigne pourtant que ce dernier n’ait pas « partagé » les postes avec le parti de Philippe Gomes. La référence avancée étant la situation de 2014, le moins que l’on puisse dire est qu’il s’agit d’un exercice de mémoire sélective gommant la rupture de contrat cette même année !

Philippe Michel, routier de la politique, expérimenté et roué, ne peut l’ignorer. Ses déclarations relèvent de la posture. Dans quel but ? Probablement pour tenter de négocier.

UNE POSITION DIFFICILE
La réalité, c’est que le résultat des dernières élections provinciales est une lourde sanction pour Calédonie Ensemble qui perd quasiment la moitié de ses sièges en province Sud et disparaît de la province Nord.

L’Avenir en Confiance comptabilise, certes, des voix d’adhésion. Mais le regroupement loyaliste bénéficie en grande partie d’un vote par défaut, rejetant tout à la fois la politique économique et sociale de Calédonie Ensemble et sa gestion des affaires publiques.

Le rapport de force à l’issue des élections provinciales, le rejet de la gestion « pays » de la mandature passée, les erreurs accumulées rendent difficiles la position de Calédonie Ensemble.

BLOQUER LES INSTITUTIONS : LOURDE RESPONSABILITÉ MAIS ARME ULTIME POUR ENCORE NÉGOCIER
En refusant, pour l’instant, d’élire Thierry Santa à la présidence du gouvernement, Calédonie Ensemble agite la menace d’un blocage de l’institution. Ce n’est pas son coup d’essai.

En 2011, le gouvernement était tombé par 4 fois avec les démissions des membres de Calédonie Ensemble. Le Conseil d’Etat avait alors qualifié ces démissions de « manœuvres électorales », ce qui avait conduit à une modification de la Loi Organique.

Aujourd’hui, un blocage, dans la situation actuelle bien différente de celle de 2011, aurait pour effet de plonger la Calédonie dans une catastrophe économique et sociale.

Il n’est pas exclu, cependant, qu’estimant que le situation du parti ne pourrait pas être pire, ses responsables tentent encore de négocier pour sauver quelques positions. Par exemple Aircalin, pour sa présidente clouée au pied du « podium électoral », ou encore celles de conseils d’administration tels que SHN ou Promosud à la province Sud. Et même le nombre de collaborateurs. La présidence du gouvernement ? Impensable, mais en politique … En tout cas, une sorte de tactique ultime, et presque désespérée, dans la séquence de mise en place des institutions.