ROCH WAMYTAN ÉLU PRÉSIDENT DU CONGRÈS – LE RETOUR DES PARTIS CHARNIÈRE

Milakulo Tukumuli – Avec seulement 3 voix, et en l’absence de majorité, l’Eveil Océanien est devenu un parti charnière

Surprise ou choc lors de l’élection du Président du Congrès ? Contre une candidate issue de la communauté wallisienne et futunienne, le parti se prétendant représentatif de cette communauté a préféré faire élire un indépendantiste, Roch Wamytan, à cette fonction. Ce n’est pas une première pour ce cacique de l’Union Calédonienne. Il avait déjà occupé ce poste à plusieurs reprises. Coup de théâtre.

CONSTRUIRE UN MODÈLE DE SOCIÉTÉ
« Je l’ai dit tout au long de ma campagne, au delà du clivage indépendantistes-non indépendantistes, nous devons construire un modèle de société qui soit le miroir de la Nouvelle-Calédonie« , a déclaré Milakulo Tukumuli, le leader de l’Eveil Océanien.

Pourtant, tout au long de cette campagne, les candidats de cette formation ont martelé un objectif quelque peu différent : représenter la communauté wallisienne et futunienne dont ils laissaient entendre qu’elle n’était pas suffisamment reconnue. Or, Magali Manuhohalalo, présentée par Calédonie Ensemble à la présidence de la première assemblée du territoire, est issue … d’une famille futunienne.

L’Eveil Océanien a poursuivi en votant pour la liste du FLNKS aux vice-présidences qui a bénéficié de 29 voix.

« MAJORITÉ OCÉANIENNE »
Après la désignation du bureau du Congrès, et de l’affichage d’une « majorité océanienne », se profile dans 2 semaines l’élection du gouvernement. Une élection cruciale, non pas pour former « une majorité océanienne », mais pour entamer le redressement économique et social de la Nouvelle-Calédonie, ou pour la faire sombrer définitivement sous les coups de boutoir idéologiques.

DÉCONVENUE POUR LA MAJORITÉ DES CALÉDONIENS
Quant à Calédonie Ensemble, le parti perd une représentation éminente, celle de la présidence du Congrès pour laquelle il était candidat, ainsi que les moyens y attachés. Son secrétaire général a repris l’antienne du partage des vice-présidences à la province et des querelles entre loyalistes, oubliant du coup la règle majoritaire, et l’occupation de ces postes par le seul Avenir Ensemble en 2004.

Pour la majorité des Calédoniens, celle qui constitue, à 57%, les électeurs, mais probablement à 65%, la population, cette étape est une sérieuse déconvenue.

MILIEUX ÉCONOMIQUE CIRCONSPECTS
Les milieux économiques sont, du coup et après l’espoir né du résultat des provinciales, redevenus circonspects. « Plus d’investissements et chute de l’immobilier« , pronostique un chef d’entreprise. Une certitude : nombre d’entreprises du bâtiment ont attendu, parfois au delà de ce qui était supportable, avant de procéder à des vagues de licenciements. Les digues devraient se rompre dans les semaines à venir.

POTENTIEL D’INSTABILITÉ PENDANT 5 ANS
Quant aux institutions, elle sont revenues au point de départ des années 70 : pas de majorité, un parti charnière, et, à l’exception de la province Sud, un potentiel d’instabilité pendant une longue période de 5 ans.

A moins que d’ici là, la situation nécessite un retour aux urnes pour de nouvelles élections provinciales …