PROVINCIALES : SÉISME DE NOUMEA À PARIS

Les élections provinciales ont abouti à ce que certains pressentaient : une sorte de « dégagisme » du pouvoir en place de la part d’une grande partie des électeurs aspirant au changement après un long cycle de 15 ans, déçus par les décisions économiques et sociales des 5 dernières années, et frappés par le résultat du referendum. Calédonie Ensemble en fait les frais, et les conséquences du vote de dimanche provoqueront une onde de choc jusqu’à Paris. Séisme.

Les Nouvelles Calédoniennes

CHAMBOULEMENT EN PROVINCE SUD
C’est en province Sud que le changement est le plus spectaculaire. L’Avenir en Confiance y réalise un score inédit depuis plus de 15 ans en s’adjugeant la moitié des sièges. Calédonie Ensemble, à la tête de l’institution depuis 5 ans, s’effondre et ne conserve que 9 sièges sur 40. Une surprise : l’entrée d’une liste communautaire wallisienne et futunienne : l’Eveil Océanien qui franchit le seuil de 5%.

La province Sud est comme une citadelle, en Calédonie. Elle gère, dans le cadre de ses compétences, les 2/3 de la population calédonienne. Elle fournit aux collectivités 92% des ressources fiscales, parce que son rôle économique est majeur sur le territoire.

A n’en pas douter, l’Avenir en Confiance va accéder aux commandes de ce véritable paquebot institutionnel. L’enjeu : apporter le changement espéré par la population de ce territoire.

Les Nouvelles Calédoniennes

SÉISME EN PROVINCE NORD : CALÉDONIE ENSEMBLE DISPARAÎT !
En province Nord, Paul Néaoutyne, fort de ses succès en matière de développement économique, ayant rallié une partie de l’électorat non-kanak, a conservé sa position dominante. Il sera probablement reconduit à la tête de l’institution.

Le séisme a eu lieu chez les non-indépendantistes. Alcide Ponga, le maire de Kouaoua, a pris le dessus sur Gérard Poadja, élu implanté et Sénateur de la République. Conséquence : Calédonie Ensemble disparaît de l’hémicycle de la province Nord, laissant un électorat orphelin, face à une représentation qui compte 2 maires du Nord en son sein.

Les Nouvelles Calédoniennes

LES INDÉPENDANTISTES N’ONT PAS RÉUSSI À PRENDRE LA MAJORITÉ DU CONGRÈS
Au total, 28 élus de sensibilité non-indépendantistes, soit la majorité + 1 siège vont siéger au Congrès. Majorité stable ? Philippe Gomes a exprimé son point du vue, qu’il estime constant, sur ce sujet : Calédonie Ensemble prône les majorités d’idée. Et de citer le vote loyaliste au gouvernement pour autoriser à la SLN les exportations de minerai, et d’autres décisions prises avec le soutien des indépendantistes.

AVENIR EN CONFIANCE POURRA DÉCLENCHER LE SECOND REFERENDUM
Une chose est cependant certaine : avec 18 sièges, l’Avenir en Confiance est numériquement en position de demander au gouvernement français l’organisation rapide du second referendum. L’un des points saillants de son programme de campagne.

CHANGEMENT DE PRÉSIDENCE AU GOUVERNEMENT
Sur un plan strictement personnel, les « années Germain » sont closes. Elles ne laisseront pas un souvenir impérissable aux acteurs économiques et sociaux. Qui pourrait-être le prochain président ?

Arithmétiquement, l’Avenir en Confiance constitue le groupe le plus important du Congrès, et cet avantage trouve une traduction dans le nombre de ses membres au gouvernement. Sauf que plusieurs hypothèses peuvent se bâtir jusqu’à l’élection de l’Exécutif local. La plus importante repose sur la réunion de certains groupes pour constituer une liste commune afin de bonifier le résultat obtenu à la proportionnelle. Dans ces calculs, l’Eveil Océanien ne pourra constituer un groupe au Congrès, mais personne ne peut douter que des tractations avec le nouveau venu vont rapidement se nouer.

L’ONDE DE CHOC JUSQU’À PARIS
Paris est à l’écoute de tous, mais prête une oreille plus attentive aux plus représentatifs ! Quoi de plus normal.

A l’issue des élections provinciales, ces relations ne pourront qu’évoluer. Parmi les battus de dimanche figurent en effet deux députés, Philippe Gomes et Philippe Dunoyer. Quant au Sénateur Poadja, il disparaît même de la scène provinciale.

Côté loyaliste, c’est désormais l’Avenir en Confiance qui portera légitimement la voix principale, même si cette voix ne peut être unique. Le test sera le vote au Congrès sur l’organisation du second referendum, et la suite que Paris décidera d’y donner.

LES MUNICIPALES DANS LE COLLIMATEUR
C’est en mars prochain -c’est à dire demain-, que les conseils municipaux seront renouvelés. Chacun va passer à la loupe les scores du 12 mai. En y ajoutant les électeurs exclus des provinciales …

Qui peut douter que les élections de dimanche ne vont pas peser dans ce renouvellement ? Certainement pas la maire de Nouméa, en tout cas, dont le soutien remarqué à l’Avenir en Confiance a probablement accentué le raz-de-marée de cette liste dans les bureaux de vote de la capitale.