LES 4 RÉVOLUTIONS POLITIQUES POSSIBLES EN FIN DE SEMAINE

Dernière semaine de campagne électorale. Et dimanche prochain, 169 635 électeurs sont convoqués pour élire leurs représentants aux assemblées de province. Et dans le même temps, ceux du Congrès, conditionnant la composition du gouvernement. Avec en arrière-plan, le poids des élus qui auront à négocier le statut d’après referendum, au cas où, dans l’intervalle, une majorité n’aurait pas opté pour une indépendance de la Nouvelle-Calédonie. 

Au total, 4 révolutions peuvent survenir dimanche prochain dans le territoire. Enjeux.

PREMIÈRE RÉVOLUTION :
UN CONGRÈS INDÉPENDANTISTE

Scénario possible : les indépendantistes remportent la majorité au Congrès. Ou font jeu égale avec les non-indépendantistes : 27 contre 27.

Il faudrait, pour cela, que les listes non-indépendantistes ne franchissent le seuil de 5% des inscrits, ni au Nord, ni aux Iles. Ou que les indépendantistes réalisent un score fleuve dans le Sud.

Contrôler le Congrès, c’est contrôler le régime fiscal de la Nouvelle-Calédonie, les lois du travail, les réglementations économiques, la législation minière, l’enseignement, la formation professionnelle, la clé de dotations budgétaires aux provinces …

DEUXIÈME RÉVOLUTION :
UN GOUVERNEMENT INDÉPENDANTISTE

Le Président du gouvernement est chef des services publics, ordonnateur du budget, et possède des compétences personnelles pour ce qui concerne les relations régionales.

Disposant d’une majorité au sein de l’Exécutif et au Congrès, il aurait la capacité de faire préparer et approuver tous les textes qu’il souhaiterait.

Au plan international, il apparaîtrait comme « le Premier ministre » de la Nouvelle-Calédonie.

TROISIÈME RÉVOLUTION : LE CONTRÔLE DES ÉTABLISSEMENTS PUBLICS PAR LES INDÉPENDANTISTES

Celui-ci va de pair avec le contrôle du Congrès et du gouvernement. Ocef  Apican, Agence Sanitaire et Sociale, Conservatoire et autres établissements publics passeraient sous la quasi-autorité de la nouvelle-majorité.

Air Calédonie International, bien que n’étant pas un établissement public, mais dont l’actionnaire quasi unique est l’Adanc, établissement public de la Nouvelle-Calédonie, passerait sous le contrôle des indépendantistes.

QUATRIÈME RÉVOLUTION :
L’INTERLOCUTEUR INDÉPENDANTISTE DE L’ETAT

Certes, dans cette hypothèse, les indépendantistes ne deviendraient pas l’interlocuteur unique de l’Etat, donc du gouvernement et du Chef de l’Etat.

Ces derniers devraient en particulier tenir compte du résultat des referendum.

Mais le Congrès étant l’émanation démocratique de la Nouvelle-Calédonie, et le gouvernement, l’Exécutif de cette émanation, le rapport de force avec l’Etat en serait quelque peu bouleversé.

Bien sûr, dans ces hypothèses, les non-indépendantistes ne manqueraient pas de prendre courage en se référant à l’expérience de la Polynésie française. Celle-ci a connu, dans un passé récent, une majorité ayant conduit Oscar Temaru à la Présidence, non pas du gouvernement de Polynésie, mais bien à la présidence de la Polynésie.

Depuis, dans le territoire voisin, la page a été tournée. Celle de la Nouvelle-Calédonie va s’écrire dimanche prochain, vers 21 heures.