169635 INSCRITS AUX PROVINCIALES – MAJORITÉ INDÉPENDANTISTE AU CONGRÈS : INFO OU INTOX ?

169 635 inscrits, c’est le chiffre définitif pour les élections provinciales du 12 mai à l’issue des ultimes révisions des listes électorales. Désormais, la question est de savoir qui participera à la répartition des sièges, et quelles majorités vont se dégager dans chacune des provinces. Avec, à l’issue, un enjeu inédit : une majorité ou non pour les indépendantistes au Congrès et au Gouvernement.

Jacques Lafleur ne l’avait jamais imaginé, Jean-Marie Tjibaou l’espérait : les indépendantistes majoritaires au Congrès et au gouvernement … avant une hypothétique indépendance. Comment cela est-il possible, et quelles chances ont les uns, quels risques courent les autres ?

INFO OU INTOX ?
Alors que le résultat du referendum s’est soldé par une marge confortable en faveur de anti-indépendantistes, la campagne électorale a mis en relief, du côté indépendantiste, l’objectif de conquérir la majorité au Congrès et au gouvernement, et du côté loyaliste, le risque résultant de cette hypothèse. Info ou Intox ?

DES REPRÉSENTATIONS PROVINCIALES AU CONGRÈS UN PEU « À LA LOUCHE »
La réalité est que pour le referendum, chaque voix est égale. Ce n’est pas le cas pour les élections provinciales. Explication.

Lors des Accords de Matignon, puis de ceux dits de la rue Oudinot, les discussions ont tourné autour du nombre de représentants de chaque province au Congrès.

Les chiffres proposés par le gouvernement avaient d’ailleurs provoqué un premier désaccord : le nombre d’élus prévus pour la province Sud, et donc la représentation de cette province au Congrès. Le ministère proposait 22 élus provinciaux, proposition refusé par la délégation du RPCR qui jugeait ce nombre insuffisant pour avoir … une majorité RPCR au Congrès. Finalement, les délégations s’étaient accordées sur le chiffre de 32 élus provinciaux pour le Sud. Un chiffre qui sera porté ultérieurement à 40.

LES PROVINCES NORD ET ILES SUR-REPRÉSENTÉES AU CONGRÈS
Cependant, malgré ces ajustements, une voix de la province Sud compte moins que celle d’un électeur du Nord et des Iles pour élire un représentant au Congrès !

En province Nord, il faut 2661 voix pour être élu au Congrès, aux Iles, 3029, et au Sud, 3391.

Résultat : une sur-représentation des provinces Nord et Iles au Congrès, et donc, une sur-représentation des indépendantistes !

DEUX SIÈGES POUR CHAMBOULER LE RAPPORT DE FORCE
Dans l’assemblée sortante, les indépendantistes disposent de 25 sièges, et les non-indépendantistes, 29 sièges. Si les indépendantistes gagnaient 2 sièges supplémentaires, cela résulterait évidemment de la perte de 2 sièges dans l’autre camp.

Au total, le Congrès serait alors composé de 27 indépendantistes, et de 27 non-indépendantistes. Une assemblée pratiquement ingouvernable.

LE CASSE TÊTE DU GOUVERNEMENT
L’élection du gouvernement virerait au casse-tête. Viendrait s’ajouter à la complexité du vote, la jurisprudence qui avait, en son temps, opposé Raphael Mapou (alors sur la liste RPCR-FCCI) à Akusitino Manuhohalalo (alors FLNKS-RDO).

Et si les indépendantistes progressaient de 3 sièges, plus d’interrogation : ils contrôleraient sans opposition possible l’assemblé délibérante et l’Exécutif de la Nouvelle-Calédonie. Tout cela, avec des « si », bien sûr …