« SORTIR » DE CALÉDONIE À UN PRIX ACCESSIBLE

Dans le monde moderne, le mode de déplacement des citoyens est devenu un produit de première nécessité. Les transports publics, la voiture, le train, l’avion sont des sujets de première importance dans l’organisation sociale. Or, la Nouvelle-Calédonie est une île et tout déplacement vers d’autres lieux impose un transport aérien. C’est pourquoi, l’un des enjeux du 21e siècle, pour les Calédoniens, est la démocratisation de l’accès aux plates-formes aéroportuaires les plus proches pour se rendre où ils le souhaitent. Se pose alors clairement le prix des billets Nouméa-Sydney et Nouméa-Auckland. Propositions des listes aux élections provinciales.

« GARANTIR UN TARIF ANNUEL INFÉRIEUR À 50.000FTTC » POUR L’AVENIR EN CONFIANCE
L’Avenir en Confiance formule la proposition la plus précise : 50 000F toute l’année pour se rendre à Sydney, Auckland et Brisbane.

Certes, la liste emmenée par Sonia Backes veut également « faciliter l’installation de nouvelles compagnies aériennes pour favoriser la concurrence et faire baisser les prix« , mais sa formulation, sur un ordre de prix -moins de 50 000F toute l’année-, est la plus volontariste.

FAVORISER L’IMPLANTATION D’UNE COMPAGNIE AÉRIENNE LOW COST POUR CALÉDONIE ENSEMBLE
C’est dans la partie « tourisme » que le parti de Philippe Gomes présente une proposition touchant au transport aérien. Son projet est de favoriser la venue d’une compagnie à bas coût australienne. Il cite d’ailleurs Jetstar, la filiale low cost de Qantas, et évoque même des discussions avec l’opérateur.

RÉALISTE OU PAS ?
Simples promesses de campagne ou engagement ferme ? L’avenir le dira autant que le verdict des élections provinciales. Mais une chose est sûre : les Calédoniens ne comprennent pas que les Polynésiens puissent voyager vers Paris, distante de 16 000km, à 100.000FCFP l’aller retour, et eux, devoir payer … 100.000FCFP -et parfois davantage- en hautes saisons pour se rendre à 2000km de chez eux !

Le voyage aérien, il y a un peu plus d’un demi-siècle, était réservé à une élite et à des clients aisés. Depuis, et de plus en plus par la mondialisation, il s’est démocratisé. L’arrivée des compagnies low cost a fait le reste.

PAS PLUS DE TOURISTES, PAS PLUS DE COMPAGNIES AÉRIENNES !
Le vulgum pecus a souvent l’impression qu’on « empêche » les « autres » compagnies aériennes de se poser à Tontouta. La vérité est plus simple : le transport aérien est un business, et pour une compagnie aérienne, venir en Calédonie dans les conditions actuelles, c’est la certitude suicidaire de perdre de l’argent ! Dernière à en avoir fait les frais : Air Austral.

La réalité, c’est que pour notre petit marché de quelques dizaines de milliers de voyageurs, la seule augmentation du trafic passe exclusivement par le développement touristique et l’arrivée de nouveaux voyageurs touristiques. Or, depuis 15 ans, ce développement est au point mort. L’équation est simple : pas plus de touristes, pas plus de compagnies aériennes !

DÉMOCRATISATION DU VOYAGE
Mais les Calédoniens n’en ont cure, et c’est bien naturel : ils estiment que le voyage vers l’Australie et la Nouvelle-Zélande doit devenir accessible financièrement au plus grand nombre, phénomène normal de démocratisation du voyage.

Alors par quel moyen ? Nouveaux tarifs imposés ? Accompagnement des pouvoirs publics pour une sorte de continuité continentale ? Arrivée effective -mais peu probable en raison d’un faible marché de voyageurs- de nouvelles compagnies ou d’une compagnie low cost ?

En mai, c’est d’abord l’électeur qui devra choisir.