GOUVERNEMENT : PHILIPPE GERMAIN DIFFUSE UN MESSAGE D’ADIEU

Adieu ou au revoir, en tout cas, dans une video diffusée sur les réseaux sociaux, le président du Gouvernement déclare vouloir « prendre du recul » et « accorder plus de temps » à sa famille.

« A la tête du pays, je me suis efforcé de redresser les comptes du pays, comme je me suis efforcé d’amortir la crise du nickel que nous traversons depuis 2015 », indique-t-il. Il poursuit en évoquant des réformes importantes, selon lui, touchant aux secteurs de l’économie, de la jeunesse, de la fiscalité, de la protection sociale, ou de l’environnement.

« Je suis conscient, ajoute-t-il, que les bénéfices de cette politique ne sont pas tous visibles ».

UNE PAGE QUI SE REFERME
C’est donc une page qui est en train de se refermer, après l’éviction de Cynthia Ligeard, alors présidente en 2014, par une coalition Calédonie Ensemble/Indépendantistes qui avait porté Philippe Germain au pouvoir.

Cette alliance, enrichie de l’épisode de la « plate-forme » au cours de laquelle le Rassemblement et Gael Yanno avaient apporté leur concours à Calédonie Ensemble, a permis de faire passer de nombreux textes au Congrès dont beaucoup ont conduit à la situation actuelle.

UN BILAN ÉCONOMIQUE ET SOCIAL CONTESTABLE
Si un certain nombre de mesures peuvent être constatées au bénéfice du gouvernement que Philippe Germain a présidé, en revanche, la situation générale de la Nouvelle-Calédonie est probablement, aujourd’hui, d’une gravité sans précédent.

Les comptes sociaux sont en quasi faillite, avec l’ensemble des régimes Cafat en déficit, tandis que la Santé est en grande difficulté avec notamment la crise du recrutement des médecins au Médipole et à l’hopital de Koné.

Cette situation résulte d’une économie au plus bas, frappée par l’instauration d’une TVA ratée en raison de la complexité de la TGC, ainsi que par le retour archaique du contrôle des entreprises par le pouvoir politique et l’administration, avec l’encadrement des marges.

SLN au bord du gouffre, tourisme en recul, carnets de commandes insuffisants pour le BTP, économie en panne ont généré une baisse des ressources publiques, et donc des budgets des collectivités.

UNE SOCIÉTÉ EN CRISE 
Quant à la situation de la société calédonienne, et même si la majorité du gouvernement ne peut être tenue responsable de tout, la délinquance s’est amplifiée, la lutte contre l’abus d’alcool n’a pas produit d’effet, et les relations se sont considérablement dégradées avec plusieurs partenaires sociaux majeurs.

La majorité de la société calédonienne, ébranlée par le clivage du referendum, est aujourd’hui en crise de confiance. Cette absence de perspectives d’avenir n’avait eu qu’un précédent, bien sûr, autrement plus dramatique : les événements de 1984 à 1988.