SLN : LE MARXISME ÉCONOMIQUE DE L’UC

L’Union Calédonienne, le plus vieux parti politique en Nouvelle-Calédonie, a connu plusieurs « saisons » depuis sa création en 1953. Fondé sur la réunion de deux grandes associations religieuses, l’une catholique, l’autre protestante, elle s’apparentait alors à un courant chrétien-démocrate.

C’est à la suite des « événements » des Foulards Rouges et l’emprisonnement de Nidoishe Naisseline, en 1968-69, qu’un premier clivage racial s’est opéré dans le parti à la devise « Deux couleurs, un seul peuple ». A la suite de la prise de position en faveur de l’indépendance kanak et socialiste, en 1977, le mouvement politique a consolidé sa structure monoraciale.

Sur le plan économique, l’Union Calédonienne a, de manière constante, montré sa préférence pour la solidarité collective. La création de la Cafat, au début des années 60, en est l’illustration la plus parlante. Mais la ligne du parti se situait entre la défense des intérêts patrimoniaux du territoire, et une forme de libéralisme contrôlé de l’économie.

Lors de la prise de position pour l’indépendance, à l’origine « kanak et socialiste », la théorie économique s’est davantage « socialisée », sans pour autant rejoindre les thèses clairement marxistes du Palika.

Depuis les durcissement des discours dans la période pré-référendaire, une orientation parallèle à celle du Palika-Uni s’est dessinée. Cette évolution est d’ailleurs logique avec une revendication idéologique d’indépendance, et la volonté pour les adeptes de la construction d’un nouvel Etat, de contrôler tous les leviers de la future Nation.

Le durcissement constaté dans la déclaration du Président de l’UC, Daniel Goa, dans son discours du dernier week end, correspond totalement à cette situation. Dans son idéologie, l’UC ne retient que les ferments d’une nouvelle souveraineté : Eramet est acteur « étranger » qui peut -ou doit- partir, le domaine minier, dont elle tire sa ressource, fait partie du patrimoine « national ».

L’ennui, dans cette saillie idéologique d’essence marxiste, c’est qu’elle se situe en dehors de la réalité économique de la Nouvelle-Calédonie. Cette dernière n’est plus un territoire « riche » comme pouvaient le laisser supposer les illusions de prospérité des années 2006-2007.

Le territoire est sous perfusion, avec les 160 milliards de l’Etat. Pour le reste, l’économie locale est en crise, et les régimes sociaux au bord de la faillite.

Demander la prise de contrôle de 76% de la SLN en quasi-faillite, ajoutée à la gigantesque dette de la SMSP, et donc de la province Nord relève d’une pétition idéologique sans fondement économique sérieux. Entre le respect des intérêts locaux, et l’utilisation de capitaux extérieurs nécessaires, il existe un marge raisonnable.

Dans cette affaire, deux questions sont essentielles  :

Est-ce qu’Eramet a pris la décision de laisser la Calédonie à son sort ou non ?

La province Sud, où se trouve l’usine Doniambo, peut-elle survivre en se laissant dicter sa politique économique et sociale par une minorité de la population ?

GB