L’ARRÊT DE MORT DE LA SLN A-T-IL ÉTÉ SIGNÉ ?

Dernier acte en cours dans le cadre de la déconfiture de la SLN : la prise de position de l’Union Calédonienne. Le parti indépendantiste s’est déclaré hostile aux exportations de nickel, soutenant ainsi la « doctrine nickel » du Palika, favorable uniquement aux exportations vers les usines off-shore de la Province Nord. Bloquée dans ses approvisionnements en minerai, cette annonce signe-t-elle l’arrêt de mort de la SLN ? Réflexions.

PARTITION ÉCONOMIQUE
La plus vieille entreprise minière et métallurgique possède une usine d’affinage dans le sud, et un domaine minier exploité dans le nord. La partition économique ayant été opérée par les Accords de Matignon et de Nouméa, l’exploitation des gisements situés au delà de la ligne Poya-sud/Canala dépend des décisions de la province Nord.

La collectivité a récemment interdit à la SLN l’exploitation de gisements à Kouaoua, en appoint de la mine Méa proche de l’épuisement

Sur le terrain, la CSTNC et l’USTKE ont entrepris un mouvement de grève. Bien que les personnels mobilisés soient minoritaires, l’approvisionnement de l’usine Doniambo est insuffisant, et les fours ont du être ralentis. L’un d’entre eux est sous la menace d’une fermeture.

DES EXPORTATIONS POUR PROLONGER LA VIE DE LA SLN
De passage sur le territoire il y a quelques semaines, la PDG d’Eramet, principal actionnaire de la SLN, indiquait que le tarissement de la trésorerie de la SLN pouvait être partiellement compensé par des exportations de minerai de basse teneur, n’entrant pas dans la qualité de ceux traités à Nouméa.

Il semble que ces demandes d’autorisation d’exportation pourraient être déposées sur le bureau du gouvernement Germain fin février.

SOUTIEN À LA DOCTRINE NICKEL DU NORD
La prise de position de l’Union Calédonienne, conforme idéologiquement à celle du Palika de Paul Néaoutyne, pose une difficulté supplémentaire à la survie de la SLN. En effet, jusqu’à présent, Calédonie Ensemble a aussi soutenu la « doctrine nickel » de la province Nord. Lors du conflit des rouleurs, partie émergente de la crise des mineurs indépendants, la majorité du gouvernement Germain n’avait accédé aux demandes d’exportation qu’après d’âpres pressions.

Qu’en sera-t-il cette fois ci ?

Les partis loyalistes, quant à eux, représentés au gouvernement par le Rassemblement et les Républicains Calédoniens, sont clairement favorables aux exportations de minerai, notamment à basse teneur, donc sans possibilité de traitement en Calédonie.

51% DE LA SLN
La posture de l’UC vient de surcroît renforcer l’avis de ceux des actionnaires d’Eramet qui veulent se débarrasser de la SLN, source constante de difficultés financières, sociales et politiques ! Il est vrai qu’Eramet n’aurait pas de grands problèmes à trouver le ferro-nickel de substitution nécessaire à son usine du Havre. A meilleur compte.

L’Union Calédonienne apporte de l’eau à leur moulin en rappelant qu’elle veut 51% de la SLN. Une position conforme à celle du Palika et de Calédonie Ensemble.

Un raisonnement minier pertinent … pour la province Nord. Mais douteux si l’on imagine que la Calédonie devrait financièrement porter le fardeau de Doniambo …