« CALÉDONIE ASSOCIÉE À LA FRANCE » : LA MINISTRE NE DÉMENT PAS

La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, avait déclaré qu’elle pourrait proposer « une vision de ce que pourrait être demain la Calédonie associée à la France ». Elle ne revient pas sur l’expression employée par elle. Troubles de vision.

Cette déclaration a suscité une levée de boucliers dans les milieux hostiles à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. Personne n’a, en effet, oublié la proposition d’Edgard Pisani, en 1985, de faire du territoire un « Etat associé à la France« , sous la forme d’une indépendance association.

A cette époque, cette initiative avait mis le feu aux poudres dans un contexte déjà proche de la guerre civile. Le « délégué du gouvernement » avait, quelques temps après, été rappelé à Paris.

Annick Girardin a donc décidé de remettre ce thème au goût du jour.

Dans un communiqué emberlificoté, elle « tient à réaffirmer que l’avenir de la Nouvelle-Calédonie sera défini avec les Calédoniennes et les Calédoniens qui se sont exprimés de manière claire et incontestée le 4 novembre 2018″.

Et semble prendre les loyalistes calédoniens pour des ânes.

Que l’avenir de la Nouvelle-Calédonie soit défini « avec« , -et non, d’ailleurs, « par« – les électeurs qui se sont exprimés le 4 novembre 2018, qui pourrait en douter. Difficile d’imaginer, en effet, que l’élue de Saint Pierre et Miquelon puisse affirmer que notre avenir sera défini sans nous !

En revanche, rien sur sa « vision » d’une « Calédonie associée à la France« . Sur le sujet, elle ne dit mot. Et c’est pourtant ce qui fait polémique.

En clair, et sauf démenti plus précis de sa part, l’Etat va préparer l’avenir de la Nouvelle-Calédonie « avec » les Calédoniens. Mais la vision de l’Etat, vue par Madame Girardin sera bel et bien celle d’une « Calédonie associée à la France« .